mardi 4 mars 2008

Yiquan et méditation

Le Dachengquan n’est pas une simple méthode de boxe, son entraînement prend appui sur des pratiques spirituelles.

Wang xuanjie l’expliquait d’ailleurs en ces termes : « Chan quan bu er » : La méditation et la boxe sont une seule et même chose !


Wang xuanjie, en posture jijizhuang


Dans son ouvrage « Dachengquan shiyong xueshuo » (Théorie pragmatique du Dachengquan), Mi jingke (disciple de Wang xiangzhai) donne quelques indications sur l’utilisation de l’esprit et de l’intention lors des postures :


« Que l’on pratique avec les yeux ouverts ou fermés, il faut impérativement « concentrer son esprit et fixer son intention », c’est là l’unique condition à laquelle ce travail portera des fruits.


Wang xiangzhai, dans son « Traité du Dachengquan » (Dachengquanlun) dit à propos de la force :

« Tout ce que j’ai appris en une quarantaine d’années de pratique tend vers l’idée que les différentes formes de force proviennent toutes de l’extension du « chaos primordial » (Hunyuan) couplé à la façon de nourrir le principe vital par la méthode de l’oublie de soi, et ne peuvent être obtenues qu’ainsi. »

Si, lors de la pratique des différentes postures de Zhanzhuang, on n’atteint pas la quiétude (jing) par la concentration de l’esprit (méditation), si l’on n’arrive pas au stade de « l’oublie de soi », est il vraiment possible de se libérer de ses réflexes conditionnés ?
C’est la raison pour laquelle certaines personnes ne parviennent pas à développer la moindre force par leur entraînement. La clé est de concentrer son esprit et fixer son intention, c’est l’étape la plus importante dans la base de l’entraînement… »

« …Il faut s’entraîner en fixant son regard au loin, sur l’horizon, jusqu’au moment ou l’on arrive à « regarder sans voir ». A ce moment on comprendra que plus aucune méthode n’est nécessaire, qu’il suffit de concentrer son esprit. »



Mi jingke, en méditation assise



Mi jingke, dans un autre article, parle de l’influence du Bouddhisme Chan dans le Dachengquan. Elle y évoque, alors, la « contemplation avec le corps uni » (zhengti guan) qui doit être pratiquée jusqu’au stade de l’oublie de soi…