La technique de Wang xiangzhai

Ces deux témoignages décrivent différentes observations du Fali de Wang xiangzhai. L’une par un de ses élèves, l’autre par ses petits fils. Les descriptions sont particulièrement intéressantes :


Kenichi Sawaï

Kenichi Sawai (1903 - 1988) fut l’unique disciple étranger de monsieur Wang xiangzhai. On retrouve souvent dans les ouvrages de Sawai, ainsi que dans ceux de ses propres élèves, de nombreuses références à Wang xiangzhai.
On peut constater que Sawai, et c’est également vrai aujourd’hui pour ses élèves, s’exprimait souvent sur l’utilisation des poignets dans le Taikiken.
Ceci a un sens : A maintes reprises, Wang xiangzhai a donné des instructions sur l’utilisation des poignets et notamment de leur face interne.


Kenichi Sawai, disciple de Wang xiangzhai et créateur du Taikiken


Monsieur Sawai en parle ainsi :

« Wang xiangzhai utilisait systématiquement la partie intérieure de ses poignets pour crocheter les bras de ses adversaires, lorsqu’on l’attaquait. Il les rejetait alors en arrière, comme éjecté par un ressort. On aurait dit qu’il « avalait » les coups de poing adverses puis qu’il les « recrachait ».
Lorsque l’on vivait cette expérience, il était difficile d’expliquer ce que l’on avait ressenti, l’action semblait relever de l’intervention divine. Si, par la suite, on cherchait à ne plus se faire crocheter…on se retrouvait alors ballotté vers le haut ou vers le bas, mais c’était toujours en utilisant cette force ressort dont le contact se faisait avec les poignets. En général, c’était avec la partie intérieure des poignets qu’il « cueillait » les attaques adverses. Il utilisait aussi la partie externe des poignets lorsqu’il retournait son mouvement de façon à projeter (les mains tournées vers l’extérieur, de façon à « rentrer » dans l’intention de l’adversaire) ou à toucher (les mains tournées de façon à suivre l’intention adverse).


Peu de gens sont capable d’utiliser cette partie interne des poignets pour attaquer, comme le faisait Wang xiangzhai. La plupart des artistes martiaux ne savent, d’ailleurs, même pas utiliser cette partie du corps. Lorsqu’ils utilisent la partie supérieure ou inférieure des poignets, l’intérieur ou l’extérieur, c’est afin de bloquer une attaque. En terme de sensations, il est difficile de comprendre comment absorber le coup de poing adverse de cette manière. »




"Absorber rejeter" démontré par Han xingyuan




Grand père Wang

« En 1962, lorsque grand mère décéda, grand père en fut extrêmement triste. Il fut alors véritablement incapable de prendre soin de lui. C’est à ce moment que le responsable de l’institut de médecine chinoise de la province du Hebei lui proposa un travail. Une assistante était également désignée pour mettre en ordre ses notes sur le yiquan et le zhanzhuang ainsi que pour l’aider dans ses besoins quotidiens.

Malheureusement, pour différentes raisons, grand père tomba gravement malade. Nous le primes alors à la maison avec nous. Nous eûmes à ce moment la chance de recevoir quelques enseignements de lui. Mais, parce que nous n’étions pas capable d’apprécier la profondeur de son enseignement, nous ne fumes pas très sérieux dans notre étude et pratique, et celles ci ne furent donc pas très bénéfiques. Grand père en était très triste. Lorsque j’y repense, je regrette vraiment de ne pas avoir été capable de saisir une telle opportunité. Nous étions alors, moi et mon frère, âgés de 14 et 16 ans. Quand grand père se sentait un peu mieux, il nous donnait des leçons. Une après midi, après avoir pratiqué zhanzhuang, nous commençâmes à pratiquer tuishou. Nous n’étions jamais capable de faire cet exercice correctement. Et, comme nous avions entendu dire que grand père faisait « voler les gens », nous lui demandâmes : « Pourquoi est ce que nous sommes incapable d’en faire autant ? »

Grand père était assis sur le sofa, il bougea légèrement, leva son bras, qu’il présenta avec le poignet légèrement plié et les doigts tendus. Puis, il me demanda de pousser son bras. Regardant sa silhouette svelte et sachant qu’il était faible parce que malade, je n’osai pas user de trop de force. Grand père sourit et dit : « Stupide gamin ! Utilise plus de force, n’ait pas peur ! » Je commençai alors à pousser plus fort, mais j’étais toujours incapable de plier son bras. Soudain, j’y mis toute ma force. J’eus l’impression d’être dans un ascenseur qui se met en marche soudainement. Mon corps s’éleva et fut projeté en arrière, heurtant le mur, puis je retombais sur le sol. Grand père se mit à rire. Moi et mon jeune frère étions vraiment surpris. Notre vieux grand père malade avait une telle puissance ! Assis sur le sol, je me mit à rire également. Maman vint depuis la cuisine pour voir ce qu’il se passait. Voyant grand père heureux, elle en versa quelque larmes de joie. Grand père sentit probablement qu’il était encore plein d’énergie et qu’il pourrait guérir. »




Yao zongxun, en Fali vers l'avant.


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