vendredi 7 octobre 2016

Protéger ou nourrir le principe vital ?

Des écris du fondateurs du Yiquan / Dachengquan, seuls quelques textes parus de son vivant peuvent être authentifiés comme ayant été écris de sa main, ou plutôt sous sa direction. Car il s'avère que se furent ses disciples qui rédigèrent la plupart de ses ouvrages, dont il n'écrivait que la préface, une pratique bien connue en Chine et, de toutes époques, chez les célébrités du monde entier...

Un des écrits qui fut signé de sa main, mais en réalité rédigé par Li jianyu (mon premier maître) et Sun wenqing (un autre des disciple de Wang xiangzhai) dans un style très caractéristique d'une époque maoïste dure, explique qu'il existe trois raisons majeures pouvant motiver la pratique d'une boxe chinoise (quan) :

- Vouloir entretenir sa santé
- Vouloir apprendre à se défendre
- Etre en recherche d'absolu

L'expression qui fut utilisée dans le texte pour la dernière des 3 raisons combine les idées de rechercher et d'étudier, mais tout pratiquant aura pu lire entre les lignes et savoir qu'il parlait alors de recherche spirituelle sans pouvoir le dire expressément à cette époque difficile de l'histoire.



Maître Li jianyu, à l'âge de 89 ans, en posture "Fuhuzhuang"


La première raison, dont les méthodes sont les plus faciles à reproduire selon l'auteur, est celle d'apprendre à rester en bonne santé. Pour évoquer celle ci, l'expression qui est utilisée ici en chinois est weisheng ( 卫生), expression signifiant "hygiène". Ce mot n'a pas été choisi par hasard par l'auteur, il a pour fonction d'indiquer que, dans une Chine "moderne", ces anciennes pratiques "contre révolutionnaires" ont un intéret réel pour le peuple !

La seconde raison est d'apprendre à se protéger ou a se défendre. L'auteur utilise alors la même expression que celle qui fut utilisé dans tous ses précédents textes (et les suivants) : ziwei (自卫), expression pouvant être traduit littéralement par auto-défense ou self-défense.
C'est l'art martial à proprement parler. Wang xiangzhai n'en parlait jamais comme autre chose qu'une science ou voie ou méthode permettant de se défendre contre des agressions extérieures. On peut comprendre cette idée du fait que la Chine n'était plus en période de guerre et que, de toutes façons, la révolte des boxeurs l'ayant largement prouvé, l'art martial traditionnel n'avait plus grande utilité dans un conflit armé depuis que les canons et fusils avaient été inventé...

La dernière raison, la plus évasive dans le texte, permet de relier ces pratiques au contexte duquel elle sont issues sans évoquer expressément son caractère sacrée...



Maître Li jianyu, à l'âge de 74 ans, en posture "Maodunzhuang"


Concernant les caractères utilisés par Wang xiangzhai pour disserter sur l'art de la boxe (quanshu / 拳术), mon analyse personnelle me laisse penser que :

L'art d'entretenir son principe vital, ici évoqué sous l'appellation moderne de weisheng / principe d'hygiène, mais par ailleurs toujours évoqué sous son nom antique de "cultiver le principe vital" ou "Nourrir la vie"/ Yangsheng / 养生, une expression déjà utilisée par Zhuangzi au 4e siècle avant notre ère (!!!) , et qui reste, de mon avis le plus haut degré de pratique de cet art. La simplicité apparente de la méthode masque une grande profondeur dans le travail sur soi qui la fait rejoindre la troisième raison de pratiquer évoquée ici par Wang xiangzhai : la recherche spirituelle.



Maître Wang shangwen, en posture "Maodunzhuang"


L'art du poing, qui n'a quasiment plus d'utilité en période de paix (d'où, d'ailleurs, son assimilation des techniques spirituelles au cour de l'histoire) peut, finalement être résumé en une expression chinoise, en suivant la logique de l'étymologie employée par le fondateur du Yiquan : weisheng  (卫生) ! 
L'expression n'est plus à prendre, alors, dans sa traduction moderne connotant l'hygiène mais plutôt au sens littéral de ces 2 caractères : 卫 / protéger + 生 / la vie ou le principe vital.
Sous cet aspect, il apparait soudain comme d'une importance moindre que la première des motivations évoquées par le fondateur : yangsheng : 养 / cultiver ou nourrir / faire croitre + 生 / la vie ou le principe vital.

Cette expression, est alors liée à l'idée de ziwei (自卫) / se protéger soi-même, mais étendue à des vues plus humanistes et moins égoïste : protéger sa vie, certes, mais également celle des autres, donc protéger la vie ou le principe vital en général... 
Pourtant, même évoqué de cette manière, la pratique de l'art martial en temps de paix et en société moderne ne permet que de savoir préserver la vie des agressions extérieures alors que lorsque l'on parle de yangsheng (养生) / cultiver ou nourrir le principe vital, il ne s'agit plus uniquement de le préserver mais de l'accroître, de le faire grandir et se développer et, pour se faire, d'en avoir une compréhension suffisamment importante. 


Maître Wang shangwen, coup de poing "Zaiquan"


On remarquera, au passage, que la plupart des maîtres de l'art martial s'engagent dans cette voie à partir d'un certain âge. Et, si l'on pense souvent que c'est par peur d'affronter leur propre mort qui approche, je me tournerai vers une autre explication : ce changement de motivation provient peut être d'une forme d'éveil à la compréhension du monde des vivants : les plus grands maîtres ne sont ils d'ailleurs pas tous des thérapeutes accomplis ?

Mon premier maître, qui avait pu suivre les enseignements du fondateur du Yiquan / Dachengquan pendant plus de 20 ans et l'assister dans son enseignement, donnait la priorité à cette forme de pratique. Il avait la réputation d'être plus tourné vers le Yangsheng que vers le martial et, pourtant, il avait écrit ce texte intitulé "Du bénéfice de l'étude de la boxe" (Yiquan yi de / 习拳一得) révélateur de la confiance que lui accordait Wang xiangzhai lui même quand à l'étendu de ses connaissance dans l'art de la boxe. 


Maître Wang shangwen, en posture "Chengbaozhuang"


Mon second maître, Wang shangwen, est issu de l'enseignement du célèbre Wang xuanjie, qui était surtout réputé pour se capacités martiales et son intérêt pour l'art du combat. Je peux pourtant constater aujourd'hui l'intérêt grandissant de celui ci pour l'art du Yangsheng et l'évolution technique qu'a suivit son enseignement en dix ans. Le maître Wang shangwen, après avoir épuré son Dachengquan de toutes les techniques superflus qu'il avait appris de son propre maître, pratique aujourd'hui une boxe qui représente, à ses yeux, l'essence de l'enseignement du fondateur. 

Je m'efforce aujourd'hui d'enseigner ce que j'ai appris de ces deux grands messieurs des arts martiaux chinois...



lundi 12 septembre 2016

Cours de Yiquan


"Wang xiangzhai de quanxue" vous propose un enseignement du Yiquan authentique, suivant les préceptes de son fondateur, le maître Wang xiangzhai.

Egalement nommé Dachengquan (Boxe de la grande réalisation), le Yiquan (boxe de l'intention) est une école de l'art martial chinois basée sur un puissant travail intérieur, ou travail interne, autrefois appelé "Xisui yijin fa" (lavage de la moëlle et transformation des tendons). Ses principes sont utilisés dans de nombreuses boxes tel que le xingyiquan / Xinyiliuhequan, le Baguazhang, le Taijiquan, le Hequan...

Le professeur, Emmanuel Agletiner, est un élève du maître Li jianyu depuis plus de 15 ans (disciple direct et proche du grand maître Wang xiangzhai). Il est également proche du maître Wang shangwen, dont il a pu suivre l'enseignement depuis 10 ans. Il est, en outre, en contact avec le jeune maître Yao yue, petit-fils de Yao zongxun, qu'il a invité à donner un stage en France en 2012.





Principes et techniques du Yiquan



Son enseignement, conformément à celui qu'il a recu par ses maîtres, est axé sur l'acquisition des bases techniques et sur l'apprentissage de la force naturelle, laquelle doit "permettre au faible de l'emporter sur le fort" :

Zhanzhuang (postures statiques), shili (travail de la force), zoubu (techniques de déplacement), shisheng (utilisation du diaphragme), tuishou (travail de la force à deux), dancaoshou (techniques martiales), duanshou (applications pratiques) ; les "techniques de longue vie" (Yangsheng, origine du Qigong) y sont également largement abordées.



Travail de la posture de l'arbre pour le combat (Jijizhuang)




Enseignement du Tuishou et des déplacements



Le Yiquan est une boxe chinoise (zhongguo quanfa) axée sur l'étude des principes et non des techniques. Son apprentissage n'est pas basé sur la répétition d'enchainement (Taolu) mais sur des exercices anciens destinés à comprendre instinctivement la mécanique du corps et de l'esprit. En cela, il est proche des techniques dites "d'alchimie Taoïste" (Neidan), connu en occident sous le nom de Qigong (Chi Kung / travail du Qi).

Le but de l'entrainement au Yiquan est d'être capable d'utiliser une force naturelle de manière spontanée, de facon à ce que n'importe quel geste puisse se transformer en technique au moment décisif...



Les cours ont lieu à Vincennes 2 samedi par mois de 10:00 a 12:00 sur l'ile de Reuilly au bord du lac Daumesnil, tout près de la pagode Bouddhiste. Métro Charenton école ou Porte Dorée

La reprise des cours a eu lieu le samedi 10 septembre 2016.


Plan du lieu d'entrainement



Le planning des cours pour l'année 2016 - 2017 est le suivant :

- Samedi 10 septembre 2016
- Samedi 24 septembre 2016
- Samedi 08 octobre 2016
- Samedi 22 octobre 2016
- Samedi 05 novembre 2016
- Samedi 19 novembre 2016
- Samedi 03 décembre 2016
- Samedi 17 décembre 2016
- Samedi 31 décembre 2016
- Samedi 14 janvier 2017
- Samedi 28 janvier 2017
- Samedi 11 février 2017
- Samedi 25 février 2017
- Samedi 11 mars 2017
- Samedi 25 mars 2017
- Samedi 8 avril 2017
- Samedi 22 avril 2017
- Samedi 6 mai 2017
- Samedi 20 mai 2017
- Samedi 3 juin 2017
- Samedi 17 juin 2017
- Samedi 1er juillet 2017


Pour plus de renseignements :

07 60 79 26 00



Pour voir le parcour d'Emmanuel agletiner, cliquez ici



mardi 26 avril 2016

Stage de Yiquan - Dachengquan à Paris


Stage de Yiquan - Dachengquan à Paris

Dirigé par : Emmanuel Agletiner, élève de Li jianyu et de Wang shangwen
Date :  Samedi 25 et dimanche 26 juin 2016
Horaires : 9:30 - 12:30 le matin et 14:00 - 17:00 l'après midi
Lieux : Salle de l'UCJG 14 rue de trévise 75009 Paris
Prix : 90 euros pour les deux jours si réservation avant le 18 juin (110 euros, paiement sur place sans réservation), 60 euros pour une seule journée
Renseignements et inscription : 07 60 79 26 00 / emmanuel.agletiner@gmail.com




Programme du stage :

Jour 1 :
Zhanzhuanggong
Les grandes lignes du Zhanzhuang : alignements, visualisations, intentions
Les principales postures en double appui : 6 postures
Les grandes lignes du Jijizhuang (posture de coté pour l'art martial) : alignements, visualisations, intentions
Les principales postures en simple appui : 5 postures
Les postures complémentaires : Fuhu, xianglong, ziwu

Shili
Les grandes lignes du Shili
3 shili en double main : crochet - lime, vague sur les rochers, drapeau dans le vent
3 Shili en simple main : cercles extérieurs, cercles intérieurs, danpiquan (cercle verticaux)

Mocabu
Les grandes lignes du déplacement en frottement
Comment relier les shili avec le déplacement

Tuishou
Principes et technique du tuishou à une main (dantuishou)
Tuishou à une main en déplacement "demi-pas" (banbu)
Tuishou à une main en déplacement triangulaire


Stage d'emmanuel Agletiner à Paris en 2009


Jour 2 :
Techniques de poing
Techniques de main des 5 phases de l'école Wang xuanjie (Beng, Pao, Heng, Pi, Zuan / Bois, feu, terre, métal, eau)
Techniques de main des cinq animaux de l'école Wang xuanjie (Huxing, Longxing, Hexing, Shexing, Baoxing / tigre, dragon, grue, serpent, léopard)

Déplacement
Technique du déplacement triangulaire (sanjiaobu)
Techniques des cinq phases en déplacement triangulaire

Tuishou
Principes et technique du tuishou a deux mains (shuang tuishou)
Tuishou à deux mains en déplacement moca
Tuishou à deux mains en déplacement triangulaire


Le stage n'est pas réservé aux pratiquants de yiquan - Dachengquan confirmés et les débutants sont donc les bienvenus...





dimanche 20 mars 2016

Adam Mizner à Paris


Adam Mizner est australien mais vit en Thaïlande depuis plusieurs années où il enseigne le style Yang de Taijiquan. Son enseignement, inspiré des écoles de Huang Sheng Shyan et de Yang Shaohou est particulièrement intéressant de par son approche rare : Il insiste beaucoup sur l'utilisation de l'intention et sur l'état de "pleine conscience" qui en résulte et qui permet, selon lui, d'atteindre un stade avancé de pratique. 


Travail du Fajin en posture statique 




Son approche de ce travail de pleine conscience est basée sur l'enseignement du Bouddhisme, notamment le Satipatthana, l'entraînement aux quatre types d'attentions, censé mener à l'illumination. Initié au Bouddhisme Theravada ( il est un disciple avancé de l'abbé Ajahn Jumnien de la tradition de la Forêt Thai) et Mahayanna ainsi quà l'école Quanzhen du Taoïsme. Sa recherche spirituelle explique son approche, très influencée par le Bouddhisme, et dont la finalité dépasse le cadre de l'art martial.



 Adam Mizner et le maître Ajahn Jumnien



Le degré de maîtrise d'Adam Mizner dans l'exercice du Tuishou est rare. Il explique lui même que cette maîtrise est inhérente à la capacité à garder un relâchement profond quelle que soit la situation. L'école de Huang Sheng shyan (Huang xingxian), particulièrement orientée sur ce travail de relâchement (Songgong), possède d'ailleurs une série d'exercice pour ce faire.






Travail et mise en pratique de la forme par Adam Mizner




Adam Mizner viendra en France pour la première fois au printemps. A cette occasion, il donnera un stage à Paris le weekend du 7 et 8 mai de 10h00 à 17h00

Le stage est ouvert à tous les niveaux.

Son programme :

- Les fondations : Inclut l’enracinement et les « Song Gong » (5 exercices de relaxation de Huang sheng shyan)
- Développement et émission de la force interne (Fa Jin)
- Comment se connecter dans sa pratique au Yi, Qi, Jing, Shen, les 9 perles...
- Comprendre les « poussées des mains » (Tuishou) et leurs applications (joindre, adhérer... les 8 portes)


Le prix du stage est de 160 euros sur réservation uniquement.




Renseignement et réservation : lumieredutao@gmail.com