samedi 20 septembre 2008

La vie d'un grand maître : Wang peisheng (quatrième partie)

Maître Wang peishen fut envoyé, avec ses amis les maîtres Gao et Zhao, dans une prison du nord de la Chine où les conditions de détention étaient particulièrement difficiles. Après quelques années, alors que les deux experts qui l'accompagnaient avaient quitté ce monde dans la fleure de l'âge, maître Wang arrivait à survivre malgrès une santé très amoindrie.
Parcequ'il était d'une consistance naturellement robuste et parcequ'il continuait ses pratiques de qigong en cachette, il arrivait à tenir le coup. De plus, l'hopital local était très éloigné et peu fourni en médicament et, comme Wang peisheng avait une solide connaissance de la médecine traditionnelle, il avait l'habitude de soigner les gens de la prison, y compris certains officiels qui y travaillaient et certains gardiens. Ceci lui valu finalement un traitement de faveur qui lui permit de ne pas être exposé aux travaux les plus durs en hivers, période pendant laquelle les détenus avaient l'habitude de partir loin en forêt sous la neige pour y couper des arbres à la hache.
Les murs de la prison séparait le monde en deux : à l'intérieur, le temps passait lentement mais à l'extérieur, les choses changeaient vite.



Wang peisheng, avant d'être emprisonné


En 1979, le maître Wang peisheng fut officiellement relaché et pu retourner à Pékin dans sa famille. Il avait perdu beaucoup de choses pendant ces années mais il était toujours en vie et son gongfu était toujours en lui. Il découvri à sa sortie de grands changements et appri la mort ou la fuite de nombreux de ses amis. Les jeunes gens n'avaient aucune idée de qui il était et, comme son nom était toujours sur les listes de suspect anti-révolutionnaire, ses soucis n'étaient pas encore terminés. Mais son esprit était plus fort et il avait appris beaucoup de choses sur la vie. Il s'évertua alors à mettre en avant son niveau pour reconstruire sa réputation, il avait alors 60 ans...


Wang peisheng, dans les années 90





Après quelques quelques stages privés donnés à ses élèves, il commença à enseigner dans des stages ouverts au public et à donner des démonstrations. En 1981, il gagna une médaille d'or aux championnat de Pékin pour sa pérformance à l'épée Taiji. Puis, il commença une classe télévisée sur les principes du taijiquan et les capacités véritables au combat. Il fut ensuite invité par le gouvernement à être juge officiel dans les championnats nationaux et c'est au championnat de Chine de 1982 qu'un incident eu lieu...

La culture chinoise a toujours influencé la société japonaise depuis toujours et y compris dans les arts martiaux. Une des association les plus liée à la Chine et à sa culture est la Nippon shorinji kempo association, qui signifie "association japonaise de boxe shaolin". Cette association est une des plus importante au Japon par le nombre d'adepte. A cette époque en Chine, l'art martial n'était pas particulièrement bien représenté et les japonais, de par leur nombre d'adeptes, se sentaient les derniers portes drapeau de l'art martial chinois. Lors de leur huitième voyage en Chine, pour les championnats nationaux en 1982, ils firent une démonstration de leurs techniques, après quoi, comme ils l'avaient déjà fait précédemment, ils défièrent les chinois en combat réel. La fois précédente, personne n'avait relevé le défi et les japonais en avaient déduit que le temple de shaolin demeurait en Chine mais que son art martial se trouvait désormais uniquement au Japon.





Extrait du reportage de la BBC datant des années 80 sur le Shorinji kenpo, explication sur la pratique du embu et démonstration de Yamazaki sensei





Ceci avait rendu le gouvernement chinois très en colère et honteux. Il cherchait donc désespérément un expert capable de les défaire à coup sûr. Mais les plus jeunes n'en étaient pas capable. Quand aux plus anciens, ils étaient déjà trop vieux ou pas intéressé par ce genre de défi. La délégation japonaise était glorieuse : leurs démonstrations en embu (enchainement de combat à deux) étaient en contraste avec le wushu moderne, ça semblait dur, ça semblait vrai, c'était donc extrêmement intimidant, mais, cette fois-ci, les japonais trouvèrent quelqu'un pour répondre à leur défi. Auparavant, Mao behou, un officiel qui s'occupait des arts martiaux au gouvernement et qui connaissait le niveau de Wang peisheng, lui avait demandé s'il serait capable de relever ce genre de challenge et Wang avait simplement répondu : "Pas de problème !"

La rencontre eut lieu dans une salle de conférence. Il y avait plus de dix japonais présents. Maître Wang peisheng était accompagné de Ma jinlong, son élève et chef de file du style Li de taijiquan. Un interprète présenta tout d'abord chaque expert puis expliqua aux japonais que Wang peisheng était un maître du taijiquan. Les experts japonais se regardèrent avec deception car ils avaient souhaité rencontrer un expert qui soit capable de les affronter dans un vrai combat et, pour eux, le taijiquan était bon pour les vieillards et les personnes fragiles. Le responsable de la délégation japonaise dit alors : "Nous avons entendu parler du taiji, dans notre pays beaucoup de gens le pratique mais c'est juste bon pour la santé."

Maître Wang, vexé, garda son calme et expliqua que le taijiquan représentait le plus haut niveau de principes de l'art martial et que quelqu'un qui ne pouvait pas le comprendre ne comprenait simplement pas l'art martial. Puis il leur expliqua certains principes du taijiquan. Puis il dit que s'il était capable de l'expliquer, cela signifiait qu'il était capable de mettre en pratique ses explications. Il demanda alors aux japonais de lui désigner le meilleur de leur combattant. Yamazaki sensei, vice-responsable du hombu dojo, se leva alors et l'affrontement commença. Il saisi le poignet de maître Wang et le vrilla en clef de poignet tout en frappant son avant bras du tranchant de l'autre main. Ses mouvements étaient si rapides que personne ne réalisa alors que l'affrontement venait de commencer. Wang peisheng resta très calme et, d'un mouvement subtil, brisa l'équilibre de son adversaire au premier contact puis, d'un mouvement fluide et continu, enchaina avec une clef de poignet et une frappe simultanée qu'il porta sur le bras du japonais. Celui se retrouva au sol où Wang peisheng continua de le controler. Maître Wang souria et dit que c'était très simple à faire. Puis il aida Yamazaki a se relever. Celui-ci essaya encore 6 autres fois. Une fois, il fut projeté vers le coin d'une table et Ma jinlong le repoussa dans le mouvement afin de lui éviter de se blesser. Une autre fois, il fut littérallement éjecté de la salle !







Wang peisheng explique les principes du taijiquan dans l'application de la force lors d'une conférence





La délégation japonaise fut extrêmement surprise et changea immédiatement d'attitude. Ils dire que c'était leur huitième voyage en Chine et que c'est cette fois qu'il avaient appris le plus de chose. Puis, après leur retour au Japon, ils firent paraitre un article dans lequel ils expliquaient cette rencontre ainsi que la vie de Wang peisheng. Il élirent également Wang peisheng comme un des dix plus grand artiste martial vivant.