mardi 26 août 2008

Interview de Zhao daoxin

Le texte qui suit est la traduction en francais d'une interview realisee par Huang jitao sur la personne de Zhao daoxin, probablement dans les annees 80. Ne possedant pas l'original, le texte qui suit a ete compose a partir de la traduction du chinois vers l'anglais d'andrzej Kalisz. Selon monsieur Kalisz, ceci ne constitue qu'un court extrait de l'interview, qui fut realisee en plusieurs jours...



Selon vous, le wushu traditionnel n'aurait aucune valeure en combat reel ?

Le pratiquants de styles traditionnels disent du wushu moderne que l'on voit dans les instituts d'etat qu'ils ne sont que des formes esthetiques. Mai cela ne veut pas dirent non plus qu'eux même possedent un veritable gongfu. Le wushu moderne neglige le combat alors que le traditionnel ne fait qu'en parler, ce qui ne signifie pas qu'il possede cette habilite. Le wushu traditionnel ainsi que le moderne sont essentiellement bases sur des formes d'entrainement. De plus, ils contiennent tout deux de nombreux gestes symboliques ou rituels n'ayant absolument aucune relation avec le combat. Si l'on parle de l'entrainement, ils utilisent toujours de vieilles methodes inefficaces. Theoriquement, ces methodes devraient permettre de developper des capacites pratiques mais en realite elles ne sont que des sortes de prieres, des facons de developper la patience et surtout beaucoup d'efforts inutiles. Je ne sais pas combien de dixaine de millier de personnes pratiquent le wushu traditionnel en Chine, mais en tout cas, de tous ces gens, je n'en connait aucun qui soit capable de prouver ses habilites au combat sur la scene international.

Pourtant, du temps ou les experts etrangers venaient sans cesse en Chine, les maitres chinois de cette epoque les ont vaincu de nombreuses fois...

S'il y a autant d'histoires sur les maitres chinois mettant les etrangers en defaite, pouquoi n'en entend-on alors parler que de notre cote ? Peut etre que les etrangers ne souhaite pas parler de leurs defaites, mais d'un autre cote, combien de chinois ont ete vaincu et n'en ont rien dit parcequ'ils avaient ete humilie ? Dans tous les cas nous ne connaissons pas la proportion de victoires et de defaites...
Si Wusong avait vaincu un chat au lieu d'un tigre, il n'y aurait alors plus aucune raison de louer son nom des sciecles durant.
D'abord, quel genre d'adversaires etaient ces etrangers, vaincu par nos maitres chinois ? Mon professeur (Zhang zhaodong) rencontra un "lutteur" russe, j'ai moi même rencontre un boxeur danois. D'autres amis vecurent des experiences similaires. Mais, bien souvent, nos adversaires furent vaincu des la premiere action, il n'y eu donc pas de combat a proprement parler. Les arts martiaux chinois n'ont, en fait, pas rencontre de veritables tigres. Dans ces temps la, il etait facile de devenir celebre juste en battant un etranger, mais il ne s'agissait, en fait, pas de veritables experts.



Photo de groupe : Wang xiangzhai, Zhang zhaodong et Shang yunxiang (assis, de droite a gauche) ainsi que Zhao daoxin (3e debout en partant de la gauche)



Pourriez vous nous donner votre opinion et votre vision des arts martiaux chinois ?

Nous n'avons pas suffisament de temps pour cela. Je ne ferais donc que soulignier quelques points essentiels au lieu de parler en termes generaux. Et puisque tout le monde ne fait que de parler des points forts, je prefererai me concentrer sur les points faibles.

Pourriez vous, tout d'abord, nous dire ce que vous pensez de la division entre interne et externe, ainsi que sur les divisions geographiques ?

Si nous souhaitons que l'art martial chinois se developpe, nous devons rejeter ce type de division. Cela ne veut pas dire qu'elles n'ont aucun sens, mais elles n'expriment que des facons differentes de se demontrer et sont sans rapport avec les differentes facons de combattre. Les divisions dans l'art martial devraient etre basees sur les formes qu'il revet au combat, pas sur les facons de s'entrainer et ne devraient pas etre fondees sur une escroquerie. Elles devraient exprimer le corps humain et permettre de developper les techniques et non les rendre sectaire et gorgees de centaines et milliers d'annees de coutumes. Les divisions entre ecoles de Shaolin, Wudang, Emei et Zhongnan ne font qu'exprimer un fait historique : la communication etait difficile en ces temps anciens. Mais ces temps sont revolus. La division entre interne et externe fut creee par des lettres qui etaient fascines par les ecoles qu'ils pratiquaient, ils ont donc commence a les appeler "ecoles interne" (neijia), des auteurs talentueux en ont, alors, fait des descriptions complexes. D'ailleurs, personne n'a jamais parle de soi en tant que representant de l'ecole externe. En fait, au combat reel, il n'y a plus de style ou d'ecole.

Pourtant, la division entre interne et externe represente bien la division entre arts souples et durs...

Cette division est encore plus confuse. La plupart du temps elle n'est utilisee que par ceux qui souhaite critiquer les autres ecoles, mais lorsqu'ils parlent de leur propre ecole, ils disent alors que "le dur et le souple se completent" et que "l'interne et l'externe sont entraines simultanement". Ils affirment ainsi etre les seuls a maintenir l'equilibre entre souplesse et durete et que les autres s'enferment trop dans l'un ou l'autre.





Autre photo de groupe : Zhao daoxin (2e en partant de la droite) entre ses deux maîtres (Wang xiangzhai a droite et Zhang zhaodong a gauche)





Mais les concepts d'interne / externe, souplesse / durete, ont au moins permis de developper des theories sophistiquees sur des concepts d'entrainement interne, comme le yi - qi - jing ?

Les concepts de "Yi - qi - li"," jing - qi - shen" relatifs aux methodes d'entrainement sont difficiles a exprimer dans le language courant. On pourrait en parler comme d'une utilisation de l'auto suggestion afin d'induire des sensations de bien etre et de force. Il y a, de nos jours, de nouveaux concepts au moins tout aussi utiles et plus efficaces dans leur utilisation pratique.


Quels sont les defaults de l'art martial chinois si l'on en reste au point de vue d'une methode de combat ?

Il y a beaucoup de defaults et de tabous. En plus de ceux qui sont communs aux differentes ecoles de l'art martial chinois, il y en a d'autres plus specifiques a certaines ecoles. Par exemple, tout le monde craint que son ecole ressemble a une autre et essaye donc de lui donner une apparence differente. Si vous dites a quelqu'un pratiquant le baguazhang que ses mouvements ressemblent a du taijiquan, il acceptera difficilement votre opinion. Si vous dites a quelqu'un pratiquant le xingyiquan que vous y avez remarque des similarites avec la boxe occidentale, il le prendra tres mal. Mais, en fait, les differences entre les styles se trouvent plus dans les mouvements rituels que dans la facon de combattre. De plus, ces gestes rituels ne sont utiles que pour la demonstration ou les rencontres, au combat ils sont stupides et sans aucune utilite.
Il existe egalement un tabou sur les chuttes. Dans les challenges, il existait une regle officieuse disant que si l'on touchait le sol avec n'importe quelle partie du corps, on avait perdu ! Au sud, il ont cree la posture du cavalier, au nord celle du pilier. Dans plusieurs ecoles, des postures basses et centrees ont ete creees, mais que valent vraiment ces positions stables ? Si on suit le principe qui dit que "lorsqu'on leve une jambe, la moitie du corps est vide" , on perd alors de nombreuses d'opportunites de frapper efficacement avec les pieds ou les genoux. Et la force generee par la perte d'equilibre n'est pas non plus utilisee de maniere consciente. Parler constamment de "ne pas perdre l'equilibre" empeche le developpement de mouvements agiles du corps et d'un jeu de jambe rapide. Ce que l'on rejete dans les arts martiaux chinois est exactement ce qui a le plus de valeur aux yeux des arts martiaux de la scene international. Les arts martiaux chinois sont des arts de vieillards. La vieillesse est regarde comme la saintete, l'autorite, la connaissance profonde. Mais en realite, pour un vieillard il est difficile de lever la jambe et chaque chutte peut lui etre fatale. Finalement, cette faiblesse des vieux maitres devint, dans le processus d'apprentissage, le tabou de "ne pas perdre l'equilibre". Pourtant, le combat n'est pas limite aux competitions de shuaijiao ! Dans la plupart des cas, perdre l'equilibre ou chutter n'est pas tres grave, surtout s'il en resulte une opportunite de porter une action efficace a l'adversaire.



Zhao daoxin, fini troisieme au premier championnat de Chine de combat