mercredi 6 août 2008

Gros plan technique : pizhang

Parmis les techniques que l'on pourrait dire "caractéristiques" du yiquan, nous avons déjà évoqué, précédemment, le martèlement vers le bas (zaichi).

Nous allons maintenant aborder une autre technique : le pizhang (paume qui tranche), également nommée danpiquan (technique de simple tranchant).

L'origine du pizhang se trouve, bien évidemment, dans la boxe xingyi et correspond à l'élément métal. Toutefois, la façon de pratiquer cette même technique en yiquan est quelque peu différente et possède ses propres caractéristiques.

Certains experts enseignent deux formes de tranchant vertical (le tranchant horizontal étant une forme bien différente, issu du baguazhang : xiaozhang / la paume qui coupe). Ces deux formes se nomment alors dan piquan et shuang piquan, soit la forme simple et double du tranchant. La forme simple se présente sous la forme d'attaque et défense simultanée, en attaquant alternativement main droite et main gauche. La forme double correspond à une attaque / défense groupée des deux mains.







Shi fengqi, disciple de Yang demao, en shuangpiquan






Le danpiquan, ou pizhang, est une technique redoutable aussi bien en attaque qu'en défense. La direction de sa force est relativement simple et les cibles qu'elle vient naturellement rencontrer sont sensibles (sommet du crane, nez, sternum, clavicules...)







Pizhang, par le défunt maître Wang xuanjie







Dans le livre "Yiquan duanshou shuyao yi shiyong zhanfa", Wang xiangzhai décrit cette technique de cette façon (traduction personnelle) :

"Piquan (le poing qui fend) est utilisable en Fali ou en réception à une force adverse. Cette méthode utilise la force de séparation.

Supposons que l'adversaire avance une main et lance sa force. Juste avant qu’il ne m’atteigne, je lève ma main gauche et pare le milieu de son bras dans une force composée d'envelopper, de tirer, d’absorber et d’abaisser. Pour cela, je dois sortir mon pied gauche. Ensuite, ma main droite sort du dessus de mon bras gauche et attaque en fendant le visage de l'adversaire. La main et le pied doivent être coordonnés en un seul geste dans lequel le dos et les lombaires jouent un rôle important. A la sortie de mon pied gauche et de ma main gauche, tout le corps (de gauche à droite en passant par le dos et les lombaires) tourne et lance une force spirale qui longe mon bras gauche et atteint le corps de mon adversaire de manière à le déraciner. En même temps, mes deux bras forment un croisement qui bloque son bras droit. Je le fends avec la force explosive. Mon adversaire sera renversé. Ceci est la contre-attaque en avançant.

Si l'adversaire avance sa main droite et attaque tout en essayant de me donner un coup de pied, je recule mon pied gauche et la suite est similaire à la description précédente. Cette méthode est la conte-attaque en reculant.

Cette technique ne ressemble en aucun point au Piquan du Xingyi.

Dans la vie quotidienne, j'observe souvent des bagarres entre chipies qui se griffent le visage et la poitrine. Ces exécutions spontanées m'intéressent énormément. Un proverbe dit : « Lorsque tu frappes, ne frappe pas au visage». Ces deux idées sont à l'origine de la technique Piquan. Les gens qui lisent ceci vont se moquer de l'absurdité du Dachengquan : prendre comme exemple des bagarres entre femmes !

Cependant je considère que la pratique est le seul critère de jugement pour une technique : « Peu importe l’objet que j'ai en main pour te frapper, une théière ou un pot de chambre, à partir du moment ou je t'ai touché, il devient un arme formidable ! » ...

...Lors de l’entraînement quotidien, il faut alterner entre la gauche et la droite, entre l’avant et l’arrière. Que ce soit en avançant ou en reculant, il est toujours possible d’expulser une force homogène adéquate. En partant d’une forme déployée, il faut arriver progressivement à la diminuer afin de transcender les apparences. Il n’y a, alors, plus de forme mais l'esprit demeure... "






Pizhang en marche mocabu, puis sanjiaobu et en statique (légers fali)