La difficulté de cet exercice demeure dans le degré d'engagement de la personne et dans l'équilibre entre conscient et inconscient lors du combat : Trop engagé, l'exercice est proche de la réalité mais risque de finir sur une blessure. Pas assez engagé, l'exercice n'a que peu d'intéret car l'inconscient bloque les réactions qui auraient pu nous sauver de certaines situations et, finalement, il ne donne pas un apperçu juste des valeurs du combattant, allant parfois jusqu'à lui retirer sa confiance en soi.
Les principes étudiés en Yiquan doivent, dans un premier temps, permettrent de former une personne à se défendre contre une agression. Il s'agit alors d'auto-défense. Le sens attaque -défense est, dans ce cas, bien établi, puisque le pratiquant ne fait que se protéger d'une attaque qui lui est porté.
A un niveau plus avancé, on trouve le combat. Celui-ci est différent de l'auto-défense. Un combat peut survenir dans différentes situations : lorsque plusieurs personnes nous attaquent en même temps, ou lorsque l'on attaque volontairement un adversaire, pour défendre une tierce personne par exemple. Lors du combat, le pratiquant est amené à attaquer aussi bien qu'à se défendre. Le sens attaque-défense n'est plus aussi clairement établi et c'est ce qui arrive, en général, lors d'un affrontement entre deux personnes ayant une habilité martiale.
Yao chengrong, fils de Yao zongxun, dans un combat de démonstration
Les feintes sont courantes et les actions ne sont plus aussi nettes que dans l'auto-défense. Ce type d'entrainement permet de savoir où l'on se situe mais peut également amener à de mauvaises habitudes. Il est donc préférable de ne pas le pratiquer trop souvent.
Pour la pratique du combat, le yiquan passe par l'apprentissage des techniques, les dancaoshou, puis éventuellement par une forme de combat ou l'on défini par avance un attaquant et un attaqué. Cette forme de combat semi-libre permet de mettre en application le duanshou, la "défense offensive". Duanshou, qui signifie "briser l'attaque", est un principe essentiel d'affrontement du yiquan.
Michio Shimada sensei, disciple de Kenichi Sawai, pratiquant le combat libre avec un élève
Le duanshou peut être appliqué directement en défense ou bien après avoir provoqué l'attaque adverse par une feinte ou un premier contact. Il est la mise en application de la force hunyuan, la force ronde. Il doit être considéré comme un éducatif ou un test qui permet de savoir ou l'on se situe.
Entrainement au combat libre avec protections
Finalement, il est nécessaire de ne pas aborder cet entrainement trop tôt, ce qui aurait pour effet d'amener de mauvaises habitudes et de détruire tout le travail de base. Le corps doit, au préalable, avoir été formé par les différents exercices permettant d'assimiler les nombreux principes essentiels à la pratique du combat. C'est en utilisant ces principes inconsciemment que l'entrainement au combat peut être bénéfique, ce qui sous entend donc plusieurs années de pratique des jibengong, dont le but est d'éduquer le corps et l'esprit dans un moule bien défini.