jeudi 20 mars 2008

La vie de Wang xiangzhai (5eme et dernière partie)


En 1945, après les événements du 15 août (capitulation japonaise), Wang xiangzhai va tous les jours aux aurores marcher jusqu’au temple bouddhiste Tai (Taimiao). Les élèves débutants se réunissaient avec lui pour s’entraîner au zhanzhuanggong.
Le nombre d’élèves croissait de plus en plus, si bien qu’à partir de 1947 Wang shaolan, Li jianyu, Chen haiting, Sun wenqing, Yu yongnian et d’autres mirent sur pied l’association pour la recherche et le perfectionnement de la boxe chinoise de Taimiao (actuellement, ce lieu est le palais du peuple et de la culture de Fandong à Beijing).
Là, dans le petit pavillon de l’extrémité sud-est, Wang xiangzhai nomma le président de cette association.
Il insistait alors particulièrement sur un des aspects les plus importants du zhanzhuanggong : le travail du yi sur l’esprit.
A cette période, les élèves étaient de plus en plus nombreux, et certains débutants qui souffraient de troubles nerveux que la médecine n’avait pas pu guérir eurent d’excellents résultats grâce à leur pratique. C’est ainsi que le développement du zhanzhuanggong médical débuta.



L'association pour la recherche et le perfectionnement de la boxe de Taimiao



En 1945, Wang xiangzhai a 60 ans.
Après la libération de Beijing (proclamation de la prise de pouvoir par les communistes), l’association de taimiao du arrêter ses activités. Maître Wang enseigna alors au parc zhongshan en hiver et dans un bois de l’extrémité nord-ouest de la ville en été.
Il enseignait alors le zhanzhuang pour la santé. C’est pourquoi, de tous les élèves du fondateur qui débutèrent l’étude après cette date, très peu reçurent un enseignement martial.
Wang xiangzhai, pendant ces années, s’était forgé l’idée que : Puisque zhanzhuang pouvait apaiser le système nerveux et circulatoire, il était donc un moyen de prolonger la vie. Pourtant, il n’y avait encore jamais eu d’étude traitant de cette idée, c’est ce qui influença l’orientation de ses recherches.
Selon lui : « L’intérieur est disponible et vide de toute tension, l’extérieur est haut et droit. La force s’exprime par une énergie agréable, générée par le principe de base de l’immobilité. De plus, les notions de dureté et de souplesse (gang/rou), de vide et de plein (xu/shi), de quiétude et de mouvement (dong/jing) ainsi que de tension et de relaxation (song/jing) se combinent pour donner une action complexe qui est, elle-même, un principe essentiel. »




Wang xiangzhai et quelques disciples dans les année 40




En 1955, Wang xiangzhai a 70 ans.
Il habite près de hepingmen (un quartier de Beijing).
Avec l’assistance du professeur Shen qiwu et du dentiste Yu yongnian, il fixa les vingt quatre postures du zhanzhuang médical. Le livre de monsieur Yu yongnian intitulé « Le zhanzhuang, une méthode d’amélioration de la santé », qui sera publié en 1982, décrit ce travail.
De plus, Wang terminera et apportera des corrections aux ébauches de ses trois publications qui sont : « Le traité du dachengquan », « La véritable voie de la boxe » ainsi que « Du bénéfice de l’étude de la boxe ».




Yu yongnian, disciple de Wang xiangzhai




En 1958, il a 73 ans.
Il travail alors avec l’hôpital de guanganmen à Beijing et contribue à la guérison de nombreuses personnes atteintes de troubles nerveux et circulatoires ainsi que d’autres maladies. La réputation du zhanzhuang médical (yangshenzhuang) est devenu importante, ceci n’est que le fruit des nombreuses années de recherche et d’approfondissement de Wang. Mais, comme il continuait a appeler son travail zhanzhuang sans jamais parler de qigong, les échanges avec les experts de ce milieu furent peu nombreux.



Wang xiangzhai et son disciple Li jianyu en 1958 au parc Zhongshan



1961, maître Wang a 75 ans.
Le directeur du département d’hygiène de la province du Hebei entendit parler de lui et l’invita à venir travailler à l’hôpital de Baoding. En 1962, lors d’une conférence sur le qigong, il démontra une forme libre du jianwu ainsi que des mouvements en fali. Ceci suscitera l’étonnement de l’assistance, incrédule.


Le 7 juillet 1963, Wang xiangzhai meurt à Tianjin des suites d’une maladie, à l’âge de 78 ans.
Il aura consacré toute sa vie à l’art de la guerre et du combat, à la santé, ainsi qu’à la recherche sur la prolongation de la vie et aura synthétisé tout son travail et toutes se connaissances au sein du zhanzhuanggong.


Il fut le premier à abolir le travail des taolu, pour enseigner les principes de la forme (xing), de l’intention (yi), de la force (li), du souffle (qi) et de l’esprit (shen).

Il enseigna que « L’immobilité est une forme évoluée du mouvement. ».





Wang xiangzhai (1885 - 1963)




Ses pensées furent les suivantes : « L’étude de la boxe est une voie. Elle entraîne le corps, forge le caractère mais elle doit également être un entraînement de l’esprit. On peut en tirer le bénéfice de la sagesse ainsi qu’une solide connaissance du fonctionnement des forces corporelles. Mais pour pouvoir utiliser cette force cachée, il faut progresser pas à pas. Dans la réalisation du travail, on a la fonction d’exploser au moindre effleurement de l’adversaire. Il est, cependant, nécessaire de réaliser une étude conjointe du combat avec la santé et de ne pas voir le combat comme une finalité en soi. »

Wang xiangzhai fut l’ambassadeur du monde de l’art martial chinois mais il fut également un grand enseignant, un grand réformateur et un grand théoricien de la boxe. Il propagea l’art de la boxe chinoise des ancêtres et le fit découvrir au monde entier.