JIAN : Santé, vigueur, capacité physique.
QUAN : Boxe.
WU : Danse, enchaînement de mouvements harmonieux.
Wang xiangzhai, dans son ouvrage « Les véritable principes du Yiquan » (yiquan zhenggui), nous explique l’origine des formes libres telles qu’elles sont pratiquées au sein du Yiquan :
« Pendant les dynasties Sui et Tang, le jianwu était très répandu. A cette époque, il était une méthode de préservation de la santé ainsi qu’un entraînement pour le combat. Détenu par les maîtres de l’art martial, il fut transmis à des lettrés qui étudiaient également les arts militaires. Ainsi, de nombreuses personnes l’étudièrent et de nombreuses transmissions se répandirent. A notre époque, l’artiste martial Huang muqiao a hérité de cette transmission.
J’ai personnellement étudié son école il y a plusieurs années. Cherchant à approfondir la question des gravures datant de la dynastie Tang trouvées dans les grottes de Dunhuang ainsi que les terre cuites de la même époque représentant des hommes dans certaines gestuelles de danse. Ces dessins seraient, en fait, inspirés de postures du quanwu. Au moment où eu lieu la Beifa , j’ai voyagé dans le sud, à Huainan précisément, afin de rencontrer monsieur Huang muqiao, dans le but d’étudier cette école.
Je suis reparti après avoir approfondi, tant techniquement que théoriquement, le sens véritable du jianwu.
De ceux qui ont étudié jadis sous ma direction, une dizaine seulement ont atteint le niveau de compréhension des subtilités du jianwu. »
Wang bingkui, disciple de Wang xiangzhai,
en jianwu dans la deuxième partie de cette vidéo
Les différentes formes du quanwu
- Le flux des vagues
- le dragon qui nage
- la grue qui joue dans l’eau
- la grue qui joue dans l’eau
- le serpent effrayé
Certains experts y ajoutent une cinquième forme libre : le grand souffle (Daqi).
Jianwu exécuté par le maître Li jianyu
Wang xiangzhai disait : « Les conditions préalables a l’étude du quanwu consistent en la pratique du zhanzhuang pour emmagasiner le qi. Par cette pratique, on complète quatre conditions qui en constituent l’extrême approfondissement :
- Le corps entier donne l’impression de couler ou de fondre.
- Tout le corps est comme remplit de plomb.
- Les muscles de tout le corps ne font plus qu’un.
- Les poils et les cheveux sont dardés comme des lances pointues.
Sans ces quatre conditions il est difficile de pouvoir exécuter, ne serait ce qu’un mouvement du quanwu. Si ces quatre exigences sont remplies, le mouvement vient alors naturellement. »
Ces quelques mots du fondateur nous éclairent sur l’origine du jianwu ainsi que sur l’évolution du disciple du Yiquan.

Wang xiangzhai, pris en photo alors qu'il exécutait sa "danse"
Il est très claire que le travail de base du Yiquan permet de réaliser le niveau des formes libres (jianwu ou quanwu). Cette pratique constitue, vraisemblablement, l’apogée de la fusion du corps avec le qi et l’esprit (les six harmonies). Elle est également le véritable sens profond des boxes imitatives, se référant à l’approche spirituelle et non purement gestuelle.