mercredi 5 mars 2008

Jijizhuang, la posture du pieu pour le combat

JIJI: dextérité dans le combat.
ZHUANG: abréviation désignant la posture.

Monsieur Yao zongxun nous éclaire sur le travail du jijizhuang :

« Il y a trois exigences pour s'exercer à la posture de combat.
Elles restent les mêmes pour la posture de santé. »

1-Concentrer l'esprit.
Regrouper tous ses esprits dans un haut degré de concentration. L'objectif est de passer dans un tel état au moment d'une confrontation avec un ou plusieurs ennemis.

2-Relacher le corps tout entier.
Relâcher tous les muscles du corps. En raison du fait que la plupart des gens se raidissent lorsqu'ils sont dans un état de stimulation extrême de l'esprit. Cette contraction
empêche l'utilisation de la force naturelle. Il faut donc s'efforcer de rester décontracté pendant l'entraînement. Ainsi, il sera possible d'exécuter des mouvements d'une grande agilité et d'agir rapidement au moment venu.

3-Respirer de façon naturelle.
Laisser la respiration se faire librement. L'objectif est simplement de réussir à maintenir une respiration naturelle, afin que la force physique permette de garder la posture longtemps sans raidir le corps.






Li jianyu, disciple de Wang xiangzhai,
dans la posture "bouclier et lance"



En plus de ces points essentiels, il est important de retenir cette sentence capitale pour la pratique du zhanzhuang : « Pendant l'entraînement vous devez être tendu mais pas contracté, décontracté mais pas mou. »


Travail du yi dans la posture

Pendant toute la pratique du zhanzhuang, le premier point est de se sentir grand et imposant:

Imaginer que vous êtes un géant se dressant de manière imposante. Il vous faut vous dresser, seul, tête haute et majestueux, sur un monde s'étendant à perte de vue. Monsieur Yao zongxun parle d’essayer d'obtenir la force de caractère de « Yu qui voulait être plus grand que le ciel ». Dans un même temps, utilisez l'intention (yi) pour réaliser que l'univers est un tout dont vous êtes le centre.
Pendant l'entraînement, il vous faut être physiquement décontracté et mentalement tendu.





Zhang changxin, dans la posture "tenir des ballons"


Explications sur l’esprit (shen) et l’intention (yi)


Wang xiangzhai nous éclaire en ces termes :

« L’esprit est détendu et l’intention est tendue.
Pour bien comprendre, il faut d’abord connaître la différence entre esprit et intention :
L’esprit réagit en premier à une stimulation extérieure. Par exemple, si l’on est surpris et que l’on sursaute, c’est un mouvement du à une stimulation de l’esprit.
L’intention, réagit en second et correspond, par exemple, à le réaction de réponse à cette stimulation extérieure.
On peut dire que l’esprit est la racine de la réaction et que l’intention contient la possibilité de réaction appropriée.
Lorsqu’on dit l’esprit est détendu, cela correspond à une décontraction totale du corps. Elle agit sur les muscles, le système pileux (les pores) et le système sanguin qui n’ont, alors, plus de barrière nerveuse les empêchant de s’exprimer.
L’intention est tendu, signifie qu’elle est au commande du Qi, ce qui a pour effet d’augmenter le flux sanguin. »



Wang xuanjie, dans la posture de
"tenir un bébé"



Les différentes postures du Jijizhuang

Les formes les plus courantes de jijizhuang sont au nombre de cinq, il en existe quantité d’autres :

Le bouclier et la lance
Tenir un bébé
Ecarter les nuages
Tenir des ballons
Tenir des oiseaux



Zhao huafang, disciple de Wang xiangzhai, en posture "maitriser le tigre"


On peut ajouter à ces cinq formes les postures à grand pas de « maîtriser le tigre » et de « chevaucher le dragon », essentielles pour la pratique du combat.