samedi 4 octobre 2008

Grands maitres de l'art martial chinois

Une facheuse tendance à considérer que les maîtres des générations antérieures détenaient des capacités qui ont aujourd'hui disparues amènent la plupart des pratiquants à les vénérer plus que les vivants. En revanche, il est fréquent que ces mêmes pratiquants, lorsqu'ils sont témoins du grand art de certains maîtres agés, ne sachent pas apprécier ce qu'ils voient.

Dans l'art martial chinois, la recherche de la force est une caractéristique constante. La force recherchée doit être facile à produire quelles que soit les conditions de santé, d'age ou de poid du pratiquant. Ainsi, une personne faible ou agée doit être toujours capable de la mettre en pratique. Cette recherche de la force a donnée naissance à un nombre inimaginable d'exercices dont le but est de comprendre comment la générer et la développer. Ces exercices sont les neigong propres à l'école étudiée. Ces neigong (littéralement "travail interne") sont différents en fonction des écoles de boxes, mettant ainsi l'accent sur un type de force plutot qu'un autre, ou bien cherchant à produire cette force dans des conditions particulières...



Le maître de Chengshi Baguazhang Tie lao démontre la force biomécanique à l'age de 94 ans





Des "exercices de contrôle" permettent de la tester à l'aide d'un partenaire, ce sont les fameux tuishou ou roushou. Ceux-ci n'ont d'autre but que de pouvoir tester si le pratiquant maîtrise correctement la force "non-musculaire" (c'est à dire non-partielle ) et est capable de la manipuler dans certaines situations.



Démonstration des différents tuishou de l'école Yang de taijiquan (diverses mises en situations) par le maître Lin mogen






La force utilisée dans l'art martial traditionnel est une force générée par la biomécanique mais également grace à des "techniques spirituels" (spirituel = de l'esprit). Celle-ci se caractérisent, pour la plupart du temps par des visualisations qui aident le pratiquant à manipuler la force. La sensibilité permettant la recherche du mouvement juste se trouvant dans le relâchement du corps et de l'esprit.




Mise en application de la force en simple appui par le maître de Taijiquan Wei shuren






Les principes généraux permettant la mobilisation et la manipulation de cette force sont les mêmes quelle-que-soit l'école puisqu'ils ne sont que la mise en pratique de connaissances physiologiques et mécaniques universelles. On retrouvera donc ces mêmes principes, parfois exprimés avec un vocabulaire différent, dans les différentes traditions martiales extrême orientales et occidentales.




Le maître Wang yongquan, disciple des maître Yang chenfu et Yang shaohou, démontrant quelques fali (fajin) à un age avancé





Le secret des vieux maîtres d'antans demeurait bel et bien dans la maîtrise de la force. Celle-ci leur permettait de garder intactes leurs capacités après un age avancé et est à l'origine des histoires extraordinnaires que l'on raconte encore sur eux de nos jours...