lundi 20 septembre 2010

Un maître du yiquan aux USA (2e partie)

Seconde partie d'une traduction de l'interview de Fung cheuk, qui enseigne le yiquan aux USA, publiée sur son site (http://yichuankungfu.com) ...


Q : Quels sont les avantages de la force hunyuan au combat ?

Fung cheuk : En prenant exemple d’une personne qui serait suffisamment entrainé, au point d’être capable d’utiliser la force hunyuan au combat, elle comporte alors de nombreux avantages. Premièrement, la structure corporelle est solide et équilibrée, ce qui procure une protection naturelle, laquelle permet d’éviter à tout moment d’être blessé trop méchamment. C’est à cela que font référence les techniques de la « chemise de fer » ou de la « cloche d’or ». Deuxièmement, la force est aux extrémités. Ce qui signifie qu’il n’est pas nécessaire de « brasser de l’air » ou de perdre un laps de temps pour la déployer. Troisièmement, le centre est stable et protégé, ce qui permet de déstabiliser plus facilement l’équilibre de votre adversaire tout en rendant difficile pour votre adversaire de rompre le votre. L’idée est d’atteindre le point ou « vos mains ne sont plus vos mains mais votre corps entier devient vos mains ». Ce qui revient à dire que vos mains ont la force de votre corps entier et que votre corps entier peut être utilisé comme des mains pour décharger la force… Il y a encore beaucoups d’autres avantage à utiliser la force hunyuan au combat mais ces points sont les plus importants.

Q : Ce que nous devons pratiquer le plus, ce sont les 8 postures ?

Fung cheuk : Non, non, non ! Zhanzhuang, ça n’est pas une posture, ou 8 postures ou 1000 postures. C’est une phase. Comme dans une course, on dit : « A vos marques, prêt, partez ! » et bien zhanzhuang, c’est le « prêt ». Ce que l’on apprend au travers des 8 postures de base, on doit finir par être capable de le réaliser de n’importe quelle position, peu importe que l’on soit debout, assis ou couché. Zhanzhuang c’est un corps unis en un bloc et un esprit prêt à se mettre en action, connecté mais détendu, alerte mais calme et prêt mais pas encore dans l’action. Les 8 postures sont des outils de base pour activer et développer la force hunyuan. L’idée étant d’être capable d’utiliser ce que l’on a appris des postures à n’importe quel moment et sans avoir à réfléchir.





Démonstration de diverses posture statiques par monsieur Fung cheuk




Q : Est ce que c’est de cela que vous voulez parler lorsque vous dites d’en faire « quelque chose d’informel » ?

Fung cheuk : Oui, si vous devez passer par un processus compliqué afin d’activer la force hunyuan, elle ne pourra pas être d’une grande utilité dans un combat.

Q : Je vois, c’est un peu comme lorsque je conduit ou fais du snowboard…pas le temps de penser, c’est ça ?

Fung cheuk : Le maître Wang xiangzhai disait : « Lorsque vous vous retrouvez face à votre ennemie, votre réaction devrait être un reflexe naturel, comme lorsque l’on se brule ». La réponse doit être lié au stimulus…

La partie difficile est de faire en sorte qu’une personne éduquée dirige son inconscient de façon à ce qu’elle permette à la force hunyuan de s’exprimer. C’est une chose de pouvoir démontrer la force hunyuan dans un environnement que l’on contrôle, mais c’est autre chose de pouvoir le faire lorsque l’on se fait surprendre. Par un entrainement correcte du yi dans la pratique du yiquan, nous augmentons nos chances de pouvoir utiliser cette force lorsque c’est nécessaire.

Q : Qu’est ce que le yi a à voir avec le qi ?

Fung cheuk : Qi veut dire énergie. L’intention et l’énergie sont en relation directe.

Q : J’ai parlé avec beaucoup de gens qui ne croient pas au qi. Je ne sais jamais quoi leur répondre. Vous avez des suggestions ?

Fung cheuk : Demandes leur ce en quoi il ne croient pas !

Q : J’ai du mal à vous suivre.

Fung cheuk : Demandes leur ce qu’ils entendent par qi. S’ils n’y croient pas, il y a des chances pour qu’ils se méprennent sur ce que signifie le qi.

Q : Ok, donc le qi, c’est l’énergie. Mais quelle énergie ?

Fung cheuk : Le qi est la manifestation en réponse au yi. Le concept chinois englobe plusieurs idées occidentales donc cela peut être assez confus au départ. Si on prend l’exemple de la conduite d’une auto et que l’on veut tourner le volant à gauche, par exemple. Le yi est d’aller à gauche. Cette intension (Yi) crée instantanément un signal électrochimique qui engendre des réactions électrochimiques dans les muscles qui, simultanément tournent le volant, mettent le clignotant, appuient sur l’accélérateur, freinent…

Le qi est la coordination et la concentration de l’énergie électrochimique qui se transforme en li, la force physique dans le corps.


(A suivre...)