samedi 3 juillet 2010

Technique de jambe : la maîtrise de l'équilibre

Les techniques de jambe dans l'art martial sont souvent conçu comme fabuleuses et redoutables dans l'esprit du néophyte. Elles ont alors un coté déstabilisant et dérangeant car elles agissent sur une distance, avec une puissance et une vitesse hors norme. En revanche, elles sont souvent mis de coté dans les arts anciens, qui les simplifient au maximum, en raison d'un certain nombre de points négatifs que leur utilisation comporte. Notamment, dans la prise de risque et l'engagement de l'équilibre général du corps (et de l'esprit) qu'elles impliquent, laquelle les rend difficile à enchainer et à placer sans s'exposer...





Formidables techniques de jambes par Yori Nakamura, représentant du jeet kun do et fondateur du shoot-wrestling




La pratique des techniques de jambe relève de la capacité à utiliser la force du corps sur une jambe. Dans l'idée du Yiquan, les principes de zhanzhuang (pratique debout immobile), de shili (trouver la force par des mouvements lents) et de mocabu (trouver la force par la recherche d'équilibre dans les déplacements) comportent tous une possibilité d'orientation vers la pratique des coup de pieds. La forme de posture debout dites "le coq d'or se tiens sur une patte" (jingji duli) ou "midi-minuit" (ziwu) insistent particulièrement sur ce travail.




Posture sur une jambe (dulizuang) par Wang shangwen



L'équilibre du corps sur une jambe est, tout comme l'équilibre debout, en rapport avec la relation harmonieuse des différents segment du corps sur les 3 plans. Réduire cet équilibre au plan vertical est une erreur qui, bien que peu dérangeante dans la pratique solitaire, devient problématique lorsque l'adversaire va mettre à mal notre stabilité par une ou plusieurs forces extérieures. Celles-ci peuvent alors venir de plusieurs angles dans les 3 plans de l'espace et il est essentiel de pouvoir y résister afin de conserver notre équilibre et de produire la force escontée.






Le taekyun, école coréenne traditionnelle axée sur le travail des jambes et de l'équilibre





L'angle de frappe est, lui aussi, particulièrement important puisqu'il va permettre de toucher l'adversaire là où son équilibre est menacé, ce qui correspond au travail de déplacement...
Dans l'évolution classique du yiquan, ces déplacements sont tous regroupés autour de l'exercice "mocabu" qui comporte tous les principes élémentaires nécessaires à leur bonne maîtrise. Mocabu signifie "déplacement en friction", nom évoquant alors l'intention travaillée au sein de cet exercice et qui en est la clef : chercher une résistance imaginaire avec l'air lors de son exécution afin de renforcer l'équilibre général du corps dans les 3 plans de l'espace simultanément.





Travail du déplacement mocabu au sein de l'académie de Yiquan de la famille Yao à Pékin




Le travail du déplacement, quel qu'il soit, doit, en outre, respecter les règles de la physiologie afin de préserver le corps et l'esprit : Une posture "non-naturel" pourra être appliquée à l'entrainement mais sera bloqué par l'esprit lorsque celui-ci sera sollicité à son extrême lors d'une véritable confrontation. De plus, le respect des articulations permettra au pratiquant de conserver toutes ses facultés physiques même à un âge avancé...