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samedi 16 août 2008

Hunyuanli, la force à plusieurs facettes

La plupart des écoles de l'art martial chinois utilisent un vocabulaire commun pour évoquer la théorie qui les animent. La tradition chinoise est à l'origine de ce vocabulaire et puise souvent ses racines dans le taoïsme.

C'est, d'ailleurs, le cas pour un concept important souvent évoqué dans la théorie et pour l'enseignement du yiquan : hunyuanli. Cette expression puise ses origines sémantiques dans la tradition ancienne chinoise et reste connectée aux pratiques taoïstes.

Pour ce qui est de l'art martial, hunyuanli n'est pas une idée propre au yiquan. On retrouve cette idée dans le xingyiquan, bien sur, mais également dans le taijiquan et dans d'autres écoles chinoises.




Le maître Feng zhiqiang, fondateur du Xingyi hunyuan taijiquan




En revanche, Wang xiangzhai accordait une importance toute particulère à ce principe de force :

« Tout ce que j’ai appris en une quarantaine d’années de pratique tend vers l’idée que les différentes formes de force proviennent toutes de l’extension du « chaos primordial » (Hunyuan) couplé à la façon de nourrir le principe vital par la méthode de l’oublie de soi, et ne peuvent être obtenues qu’ainsi. » (traduction personnelle)



Hunyuanli, exprimée dans la posture d'écarter les nuages, par Han sihuang, disciple de Wang xiangzhai




Cette traduction de hunyuan, "le chao primordial" est juste dans ce texte mais on retrouve parfois cette même expression dans une graphie différente qui ne peut plus se traduire de cette façon. Tour à tour, les textes historiques parlant de la théorie de l'art martial utilisent l'expression hunyuan sous 2 graphie distinctes :

- 混原 : le chao primordial ou origine mélangé

- 浑圆 : entièrement rond


L'existence de deux graphies pour un seul concept est chose courante dans la tradition dont la transmission était essentiellement assurée de manière orale...

On peut expliquer ces différents aspects d'une même idée par le fait que les maîtres de l'histoire ont enseigné ce qu'ils avaient compris de la théorie, leur propre interprétation des concepts qui leur étaient montrés et cités oralement.

Cette pratique de diffusion orale des théories dans la tradition chinoise représente un véritable jeux de piste, ou jeux d'énigme tel qu'on les retrouve dans les traditions ésotériques en occident.

Donc, hunyuanli, peut signifier la force du chao primordiale et, à la fois, la force entièrement ronde.






Forme ronde (hunyuan) dans la posture, bien visible sous cet angle






Ces deux "descriptions" d'une même force correspondant à ses aspects interne et externe (intérieur et extérieur, spirituel et corporel) :


- Le chao primordial représente l'image clef qui doit servir à trouver la bonne "intériorisation" de la force. Celle-ci n'est pas encore définie et peut s'exprimer de différentes manières, mais existe d'hors et déjà.


- La rondeur intégrale (force entièrement ronde) est l'image qui permet de trouver l'équilibre des forces répartie sur la totalité du corps, son expression extérieure.






Force entièrement ronde dans ce coup de poing "zuanquan" de yao zongxun




Ainsi, les deux expressions, employées tour à tour selon les textes, sont justes. Elles ne représentent que deux facettes d'un même principe, qui pourra être découvert par la pratique et la recherche en sensation...




mercredi 6 août 2008

Gros plan technique : pizhang

Parmis les techniques que l'on pourrait dire "caractéristiques" du yiquan, nous avons déjà évoqué, précédemment, le martèlement vers le bas (zaichi).

Nous allons maintenant aborder une autre technique : le pizhang (paume qui tranche), également nommée danpiquan (technique de simple tranchant).

L'origine du pizhang se trouve, bien évidemment, dans la boxe xingyi et correspond à l'élément métal. Toutefois, la façon de pratiquer cette même technique en yiquan est quelque peu différente et possède ses propres caractéristiques.

Certains experts enseignent deux formes de tranchant vertical (le tranchant horizontal étant une forme bien différente, issu du baguazhang : xiaozhang / la paume qui coupe). Ces deux formes se nomment alors dan piquan et shuang piquan, soit la forme simple et double du tranchant. La forme simple se présente sous la forme d'attaque et défense simultanée, en attaquant alternativement main droite et main gauche. La forme double correspond à une attaque / défense groupée des deux mains.







Shi fengqi, disciple de Yang demao, en shuangpiquan






Le danpiquan, ou pizhang, est une technique redoutable aussi bien en attaque qu'en défense. La direction de sa force est relativement simple et les cibles qu'elle vient naturellement rencontrer sont sensibles (sommet du crane, nez, sternum, clavicules...)







Pizhang, par le défunt maître Wang xuanjie







Dans le livre "Yiquan duanshou shuyao yi shiyong zhanfa", Wang xiangzhai décrit cette technique de cette façon (traduction personnelle) :

"Piquan (le poing qui fend) est utilisable en Fali ou en réception à une force adverse. Cette méthode utilise la force de séparation.

Supposons que l'adversaire avance une main et lance sa force. Juste avant qu’il ne m’atteigne, je lève ma main gauche et pare le milieu de son bras dans une force composée d'envelopper, de tirer, d’absorber et d’abaisser. Pour cela, je dois sortir mon pied gauche. Ensuite, ma main droite sort du dessus de mon bras gauche et attaque en fendant le visage de l'adversaire. La main et le pied doivent être coordonnés en un seul geste dans lequel le dos et les lombaires jouent un rôle important. A la sortie de mon pied gauche et de ma main gauche, tout le corps (de gauche à droite en passant par le dos et les lombaires) tourne et lance une force spirale qui longe mon bras gauche et atteint le corps de mon adversaire de manière à le déraciner. En même temps, mes deux bras forment un croisement qui bloque son bras droit. Je le fends avec la force explosive. Mon adversaire sera renversé. Ceci est la contre-attaque en avançant.

Si l'adversaire avance sa main droite et attaque tout en essayant de me donner un coup de pied, je recule mon pied gauche et la suite est similaire à la description précédente. Cette méthode est la conte-attaque en reculant.

Cette technique ne ressemble en aucun point au Piquan du Xingyi.

Dans la vie quotidienne, j'observe souvent des bagarres entre chipies qui se griffent le visage et la poitrine. Ces exécutions spontanées m'intéressent énormément. Un proverbe dit : « Lorsque tu frappes, ne frappe pas au visage». Ces deux idées sont à l'origine de la technique Piquan. Les gens qui lisent ceci vont se moquer de l'absurdité du Dachengquan : prendre comme exemple des bagarres entre femmes !

Cependant je considère que la pratique est le seul critère de jugement pour une technique : « Peu importe l’objet que j'ai en main pour te frapper, une théière ou un pot de chambre, à partir du moment ou je t'ai touché, il devient un arme formidable ! » ...

...Lors de l’entraînement quotidien, il faut alterner entre la gauche et la droite, entre l’avant et l’arrière. Que ce soit en avançant ou en reculant, il est toujours possible d’expulser une force homogène adéquate. En partant d’une forme déployée, il faut arriver progressivement à la diminuer afin de transcender les apparences. Il n’y a, alors, plus de forme mais l'esprit demeure... "






Pizhang en marche mocabu, puis sanjiaobu et en statique (légers fali)

vendredi 4 juillet 2008

L'utilisation du corps entier dans les arts martiaux

Le concept appelé zhengti lilian (force du corps uni) au sein du yiquan est souvent considéré comme une spécificité des arts martiaux dit "internes" chinois alors qu'il s'agit, en fait, d'un principe commun à toutes les écoles traditionnelles de l'art martial.

D'un point de vue biomécanique, se mouvoir de façon "harmonieuse" est l'unique façon permettant de développer une grande quantité de force sans forcer !

Au Japon, l'école du Bujinkan d'Hatsumi senseï insiste énormément sur l'utilisation de tout le corps dans chaque mouvements ainsi que sur la décontraction.







Masaaki hatsumi, soke du bunjinkan ryu, en pleine action






Avec l'expérience et la pratique, les plus grands experts et maîtres sont capablent de produire cette force, quelle que soit la forme qu'ils pratiquent. Cette façon de bouger en étant connecté nécessite une grande décontraction, laquelle permet d'augmenter la vitesse d'exécution...









Feu Taiji Kase senseï, du shotokan ryu karate do, démontrant sa très grande maîtrise. Notez le mouvement global du corps.






Certaines écoles transmettent un travail avec des poids, souvent mal interprété car considéré comme un travail de musculation alors qu'il s'agit, en fait, d'un travail d'assouplissement de certains tendons et muscles profonds. Ce même travail peut servir de test de force qui, comme les shili, vont permettrent de vérifier que le corps est bien uni.








Le maître Wang wenyong, de l'école de lutte chinoise Jin baosheng, en action. Notez le travail d'assouplissement avec poids.






Dans la pratique du yiquan, le test de force ainsi que la méthode d'assouplissement et de décontraction sont réunis au sein de la pratique du zhanzhuang. L'essai de force sur un partenaire s'effectue lors des exercices de tuishou et au duanshou...






Wang xuanjie démontre cinq formes de duanshou et une forme d'expression libre



L'utilisation de l'ensemble du corps et de la décontraction dans le moindre mouvement est une condition sinequanone à la pratique de l'art martial. Sans elle, il est impossible de surpasser un adversaire plus grand, plus lourd et plus fort physiquement, et l'on ne peut alors plus parler d'art...






Helio Gracie, démontrant son jiujitsu à plus de 90 ans sur un partenaire plus grand, plus jeune et plus lourd.




lundi 23 juin 2008

Les étirements en zhanzhuanggong (deuxième partie)

Comme nous l'avons vu dans la première partie de cet article, le travail du zhanzhuang permet, entre autre, d'étirer certains muscles.

Les postures dites "complémentaires" permettent un travail d'étirement spécifique à différentes parties du corps, agissant toujours sur les muscles profonds du maintient postural.

Ainsi les postures de "maitriser le tigre", "chevaucher le dragon" ainsi que "le méridien" (posture sur une jambe) permettent de travailler essentiellement sur la connection jambes-tronc, notamment au niveau du psoas-illiaque, lequel est en interaction avec le carré des lombes (fléchisseur-extenseur).

La posture de "maitriser le tigre" (fuhuzhuang) peut s'exécuter de deux façons : avec les doigts vers le bas, ou bien avec les paumes vers le bas.




Entrainement à Pékin : Fuhuzhuang, paumes tournées vers le sol





Le travail sur le carré des lombes est particulièrement important et intense dans cette posture dite "à grand pas". La maîtrise de cette posture permet une grande mobilité de l'articulation jambes-tronc, laquelle est importante dans les déplacements et pour la connection avec le sol (équilibre ou enracinement). Le travail porte essentiellement sur la jambe arrière.

Ce même travail mais sur la jambe est exécuté lors de la pratique de "chevaucher le dragon". Le poid du corps doit se trouver quasi entièrement dans le kua avant (plis de l'aisne) et le mouvement suggéré est celui d'une rotation extérieur. Cette même posture est pratiqué dans la lutte chinoise pour le travail des projection de hanche.




Chevaucher le dragon par le maître Li jianyu






La troisième et dernière des "postures complémentaires est celle sur une jambe, couramment pratiqué en utilisant un appui extérieur tel un muret ou une chaise.

Cette posture est similaire à la précédente dans l'étirement mais l'appui se trouve alors sur l'autre jambe. Elle est très utile pour obtenir les sensations de sortie de force par les jambes nécessaires aux coups de pieds.




Wang xuanjie, dans son jeune age, pratiquant la posture sur une jambe






Tous ces étirements portent sur les muscles profonds et permettent d'amplifier les mouvements articulaires entre les différents segments du corps qui doivent être reliés entre eux sans altérer la connection entre les différents "segments". Le mouvement amplifié des "3 courbes" (comme elles étaient nommée anciennenment dans le xinyiquan) augmente alors la puissance des techniques...








Shili de "la tortue sort de l'eau", posture basse accentué



Certains shili peuvent alors, pour compléter ce travail, être exécutés de manière accentué ou en posture basse. C'est le cas, par exemple, du shili de "la tortue sort de l'eau" dont la force en spirale s'appuie sur un gros travail lombaire et du psoas illiaque.





mardi 3 juin 2008

Les techniques de sortie en Tuishou

L'exercice de pousser avec les mains ou tuishou est une des sept étapes de l'apprentissage du yiquan. Cet exercice diffère quelque peu de celui pratiqué en taijiquan, dans lequel quatre techniques essentielles (peng, lu, ji, an) sont travaillées en harmonies avec les réactions du partenaire. Le tuishou travaillé en yiquan est plus libre et permet d'y intégrer un éventail de technique infini. Il comprend deux types d'entrainement : le tuishou à une main, en contrôle extérieur; et à deux main, en contrôle intérieur à la garde adverse.







Ma yueliang, démontre les nombreuses techniques de tuishou transmise au sein du taijiquan de la filiation de Wu jianquan






Cet exercice s'aborde de manière statique, en pas fixe mais prend tout son sens dans un deuxième temps, lorsqu'il est travaillé en déplacement.


Selon monsieur Yao zongxun : « Les formes de tuishou pratiquées au sein de l’école du Yiquan sont plus proches des conditions d’affrontement lors d’un combat que celles des autres écoles de boxe. Elles comprennent des déplacements ainsi que l’utilisation des paumes, poings, coudes, épaules… »

Wang xiangzhai, dans un de ses ouvrage, explique à propos du tuishou que « Pendant la pratique du tuishou, il faut être attentif à sa posture. Se concentrer sur les moments où il faut faire un demi pas vers l’avant ou vers l’arrière afin de sortir de l’attaque adverse à l’aide du déplacement. Mais, surtout ne pas chercher à faire des mouvements de bras plus grands ou plus petits. »




Yang shaogeng, disciple de wang xiangzhai en shuangtuishou





Les déplacements permettent d'intégrer le travail du contrôle de la force adverse dans une configuration "d'affrontement" plus proche du combat et doivent permettre d'apprendre à maîtriser les différents angles de placement. Ces angles sont la clef de la fameuse maxime "Avec 1 once de force, je controle 1000 onces de la force adverse". La subtilité de ces déplacements dans la gestion de la distance est tel que les anciens parlaient de "Guider un buffle en le tirant par l'anneau de fer qu'il a dans son naseau"...

Lorsque le tuishou en déplacement à été abordé, il peut être un moyen de travailler sur la distance et le timing juste pour placer une technique ainsi que sur les différentes façons de se sortir d'une situation difficile. Il existe alors différents moyen de contrôler la force adverse dans des configurations bien précises, en rapport avec les trois types de forces : haut-bas, avant-arrière et droite-gauche, lesquelles peuvent s'associer entre elles à l'infini.






Différentes techniques de contrôle en tuishou par le maître Guo guizhi






Le placement des mains et des bras n'est que le sommet de l'iceberg dans cet exercice qui n'est autre qu'un test de force à deux (shili à deux). Il est donc primordial de ne l'aborder que lorsque la base du yiquan à été maîtrisée, à savoir zhanzhuang, shili et zoubu, laquelle permet d'utiliser une force intégrale et relachée.





Différents contrôle des mains exécuté par le maître Han xingqiao



La gestion des forces de l'opposant passe alors par un mouvement subil et global du corps en déplacement. Le but final étant d'apprendre à se placer là où l'adversaire est en déséquilibre tout en gardant de grande possibilités d'action.

Un tel type d'entraînement existe dans presque toutes les écoles anciennes de l'art martial. Le point essentiel étant de faire perdre à son opposant son équilibre tout en gardant le sien, condition unique à la possibilité de placer une technique "efficace", c'est à dire une technique qui sera effective quelle que soit la taille ou de la masse de l'adversaire.




Un kata de l'école kodokan, exécuté par Jigoro Kano en personne, utilisant les principes travaillés en tuishou

lundi 2 juin 2008

Les étirements dans le zhanzhuanggong


Le zhanzhuang ou "posture de l'arbre" est considéré en Chine comme l'exercice de base de nombreuses écoles. Ce travail permet de "préparer le corps et l'esprit" à l'apprentissage de l'art martial et contient différents exercices regroupé au sein d'une seule pratique. L'aspect méditatif est en lien avec l'école Chan du bouddhisme, puisqu'il s'agit alors de rechercher "l'oublie de soi" et la fusion avec l'environnement extérieur.

Dans les écoles traditionnelles japonaises, il est souvent fait référence au Zen, branche japonaise du Chan. Selon la plupart de ces écoles, il est indispensable de parvenir à un état d'esprit vide, dans le but de ne plus craindre la mort lors d'un affrontement. Cet enseignement n'est sans rappeler que l'origine de l'art martial se trouve sur les champs de bataille féodaux...

Outre l'aspect méditatif, le zhanzhuang contient un important travail postural. La pratique de cet exercice sur le long terme permet de modifier les connections entre les différents segments corporels par un assouplissement de certains tendons et muscles, notamment aux jonctions tronc-membres. Un pratiquant confirmé va, ainsi, posséder quelques particularités physiologiques, en rapport avec ces étirements. Ce sont d'ailleurs ces "qualités physiques" qui doivent permettre au pratiquant de yiquan de dominer une force adverse sans utiliser la force musculaire, mais plutôt par le placement du corps ainsi que les déplacements.




Wang shangwen, disciple de Wang xuanjie, montre comment gérer la force adverse par le placement dans l'exercice du tuishou





Le yiquan utilise parfois une maxime provenant du xingyiquan, boxe chinoise dans laquelle il puise ses racines, pour évoquer les différentes qualités qui doivent être recherchées par le pratiquant : Dos de tortue, épaules d'ours, yeux d'aigle, déplacements de coq, tête rentrée de tigre !

Le dos ou carapace de tortue (guibei), fait référence à l'étirement des épaules qui permet de rentrer le sternum. Cet étirement est une condition nécessaire à une connection "bras-tronc" correcte, c'est à dire qui va permettre aux bras d'être quasi-directement reliés à la colonne vertébrale et donc de renvoyer la force adverse dans le sol via cet axe gravitaire. Lorsque cet étirement est visible, le sternum se vide et le dos s'arrondi, donnant cet impression de dos vouté ou de "dos de tortue". Impression d'autant plus prononcé que le pratiquant doit également avoir la tête rentré entre ses épaules, tel le tigre lorsqu'il guette sa proie.








Sternum vidé par l'étirement des épaules





"Dos de tortue" : le maître Li jianyu





Les épaules d'ours font référence, non pas à des épaules levées - elles doivent être impérativement relachées - mais à la façon de bouger de cet animal. L'ours fait bouger ses épaules et ses hanches en même temps et non de manière antagoniste et donc tout son corps bouge d'un seul bloc sur les mouvements de rotation.

Les yeux d'aigle ne font pas uniquement référence à la vue remarquable de ce rapace qui peut repérer sa proie à des kilomètres de distance. Il s'agirait plutôt d'une façon d'étirer les muscles occulaires en pratiquant l'exercice de regarder au loin. Cet étirement possède une influence sur l'équilibrage des forces dans la partie suppérieure de la colonne vertébrale et notamment dans les bras qui y sont correctement reliés via les étirements précédents.

Enfin, le déplacement du coq, fait référence à la manière de porter le poid du corps sur l'axe gravitaire qu'est la colonne vertébrale en utilisant les hanche et non les jambes pour se déplacer. En posture statique, ce positionnement se traduit par un bassin légèrement en retrait qui permet de connecter le tronc aux jambes via les muscles profond de l'ilio-psoas et non par l'intermédiaire des muscles des jambes.



Déplacement de coq par Sha guozheng du xingyiquan, notez le placement du bassin

dimanche 25 mai 2008

Doujing, le tremblement pour exprimer la puissance

Le doujing, le jing "des tremblements", est une caractéristique du Taijiquan, notamment du style chen, mais ausi de la forme ancienne de Yang luchan. Cette expression de la force est impossible à imiter et ne surgit que lorsque le mouvement est juste, incluant le corps mais également l'esprit. Plutôt que tremblement, certains parlent du doujing en terme de vibration.





Le maître Wang bo démontre l'ancienne forme du style Yang, son doujing est particulièrement marqué




Souvent considéré comme une expression de "l'énergie interne" dans l'art martial chinois, le doujing n'est pas issu d'une contraction excessive des muscles et des tendons de manière locale, comme il semble l'être au premier abord. Il s'agit en fait plutôt de l'opposé : Une décontraction totale des muscles volontaires sur l'ensemble du corps est à l'origine de cette vibration qui n'est donc pas issu du système nerveux volontaire.

L'art martial chinois préconise l'utilisation du squelette et des muscles qui lui sont proches. Cette musculature du maintient posturale est connecté au système nerveux involontaire (inconscient) et n'est que partiellement utilisée pour les mouvements. Or, dans l'art martial chinois, un mouvement juste s'appuie presque essentiellement sur cette musculature posturale et involontaire. Le travail de l'esprit permettant de "l'isoler" par le relachement des muscles volontaires.






Taijiquan par madame Chen liqing, doujing particulièrement impressionnant





On peut donc dire de ce phénomène vibratoire qu'il est issu d'un relâchement totale de la musculature volontaire et d'une contaction maximum des muscles involontaires par la posture juste. Les muscles posturaux, qui sont proches de l'os, se mettraient-ils alors à vibrer, comme lorsque l'on contracte excessivement les tendons de l'avant bras ?

Ce phénomène de vibration n'est pas l'appanage des pratiquants de taijiquan mais de toute école de l'art martial. On peut l'observer dans de nombreuses autres écoles comme le xingyiquan, le hequan, le sanhuang paochui, le tongbeiquan, le taizu changquan et bien d'autres écoles traditionnelles.




Démonstration de xingyiquan de la branche de Song shirong, notez le doujing lors des fali



Le doujing est impossible à imiter, il est le résultat d'un mouvement juste issu d'une coordination correcte des différents segments du corps et de l'esprit accompagné d'un parfait relâchement.


samedi 24 mai 2008

Yiquan et baguazhang


Des échanges entre Wang xiangzhai et les maîtres du baguazhang ont probablement influencés la pratique du yiquan. Zhang zhaodong, disciple de Cheng tinghua et fondateur du xingyibaguazhang fut d'ailleurs le personnage qui permit au yiquan de se développer en faisant connaitre Wang xiangzhai du milieu de l'art martial dans les annéees 20.






Zhang zhaodong en marche circulaire du bagua




Ses premiers contacts avec le baguazhang eurent lieu dans l'enfance de Wang xiangzhai alors qu'il étudiait le xingyiquan auprès de Guo yunshen, il pu à cette époque assister à une démonstration de Cheng tinghua (Guo yunshen et Cheng tinghua furent les deux maîtres à l'origine du rapprochement entre ces boxes complémentaires). Il resta profondément marqué toute sa vie par le haut niveau de réalisation de Cheng, lequel démontra probablement son "baguazhang de la nage du dragon" (youlong baguazhang) forme particulièrement fluide et dynamique de bagua.




Style Cheng de baguazhang (youlong baguazhang) par Liu jingru et ses élèves






Parmis les connaissances du fondateur du yiquan figure également un grand maître de la boxe bagua à l'enseignement énigmatique. Dans son interview au quotidien du peuple, il citait Liu fengchun, disciple de Cheng tinghua, comme un exemple de haute réalisation dans le baguazhang. Ce personnage, qui eut le privilège de recevoir également des leçons de son Shiye (grand-père maître, le maître de son maître) Dong haichuan, eut peu de disciples. Son enseignement, simple et pragmatique, se composait essentiellement de principes. A l'inverse des autres disciples de Cheng tinghua et Yin fu, il n'aurait pas diffusé d'enchainement en huit changements de paumes.

Ren zhicheng, auteur de l'ouvrage Yinyang bapanzhang, fut une autre connaissance de Wang xiangzhai dans la lignée du bagua. Son style insiste particulièrement sur les postures statiques et la marche circulaire.




Yinyang bapanzhang par Ren wenzhu, disciple de Ren zhicheng





D'un point de vue technique, le bagua se différencie des autres boxe chinoises par sa fluidité et son dynamisme. Il fut considéré comme l'alternative au xingyiquan qui utilisait essentiellement les force verticales et de profondeur (avant-arrière), misant sur la recherche de puissance à travers les six coordinations.
Des 3 plans (haut-bas, avant-arrière, coté-coté), les deux qui sont essentiellement utilisés dans le baguazhang sont ceux des forces verticales (haut - bas) et horizontales (coté-coté). Cette boxe mise surtout sur la souplesse et la rapidité.
On peut dire des écoles xingyi et bagua que l'une représente l'énergie du tigre et que l'autre représente celle du dragon.




Zhao daoxin, disciple du yiquan et du baguazhang





Le disciple de Wang xiangzhai qui appronfondi particulièrement la réunion de ces deux boxes aux statégies complémentaires fut Zhao daoxin. Il avait étudié le xingyiquan et le baguazhang sous la direction de Zhang zhaodong et créa à la fin de sa vie sa propre école qu'il nomma xinhuizhang. Très conservateur, Zhao daoxin enseigna très peu et n'eut aucun successeur. On dit de lui qu'il était un redoutable combattant craint de tous. Il finit d'ailleurs troisième aux championnats de Chine de wushu en combat dans les années 30, époque ou les combat étaient durs et les blessures parfois très graves.




video

Démonstration de xinhuizhang par Yang fukui






Du baguazhang, le yiquan a puisé la force circulaire (horizontale), la fluidité de déplacement ainsi que l'utilisation de la main ouverte (paume et tranchant). Les techniques du bagua que l'on retrouve dans le yiquan sont essentiellement le simple changement de paume et les trois paumes antiques (laosanzhang) qui consistent en trois directions de frappe, selon les trois plans.



lundi 14 avril 2008

Shizhan, le combat libre

Le combat libre est une pratique assez commune de l'art martial. La plupart des écoles japonaises l'inscrivent d'ailleurs comme un exercice incontournable de leur apprentissage. Malgrés cela, il demeure assez peu pratiqué au sein des écoles traditionnelles chinoises qui lui substituent souvent des formes d'affrontement codifiées tel que le tuishou libre.

La difficulté de cet exercice demeure dans le degré d'engagement de la personne et dans l'équilibre entre conscient et inconscient lors du combat : Trop engagé, l'exercice est proche de la réalité mais risque de finir sur une blessure. Pas assez engagé, l'exercice n'a que peu d'intéret car l'inconscient bloque les réactions qui auraient pu nous sauver de certaines situations et, finalement, il ne donne pas un apperçu juste des valeurs du combattant, allant parfois jusqu'à lui retirer sa confiance en soi.

Les principes étudiés en Yiquan doivent, dans un premier temps, permettrent de former une personne à se défendre contre une agression. Il s'agit alors d'auto-défense. Le sens attaque -défense est, dans ce cas, bien établi, puisque le pratiquant ne fait que se protéger d'une attaque qui lui est porté.

A un niveau plus avancé, on trouve le combat. Celui-ci est différent de l'auto-défense. Un combat peut survenir dans différentes situations : lorsque plusieurs personnes nous attaquent en même temps, ou lorsque l'on attaque volontairement un adversaire, pour défendre une tierce personne par exemple. Lors du combat, le pratiquant est amené à attaquer aussi bien qu'à se défendre. Le sens attaque-défense n'est plus aussi clairement établi et c'est ce qui arrive, en général, lors d'un affrontement entre deux personnes ayant une habilité martiale.



Yao chengrong, fils de Yao zongxun, dans un combat de démonstration



Les feintes sont courantes et les actions ne sont plus aussi nettes que dans l'auto-défense. Ce type d'entrainement permet de savoir où l'on se situe mais peut également amener à de mauvaises habitudes. Il est donc préférable de ne pas le pratiquer trop souvent.

Pour la pratique du combat, le yiquan passe par l'apprentissage des techniques, les dancaoshou, puis éventuellement par une forme de combat ou l'on défini par avance un attaquant et un attaqué. Cette forme de combat semi-libre permet de mettre en application le duanshou, la "défense offensive". Duanshou, qui signifie "briser l'attaque", est un principe essentiel d'affrontement du yiquan.



Michio Shimada sensei, disciple de Kenichi Sawai, pratiquant le combat libre avec un élève



Le duanshou peut être appliqué directement en défense ou bien après avoir provoqué l'attaque adverse par une feinte ou un premier contact. Il est la mise en application de la force hunyuan, la force ronde. Il doit être considéré comme un éducatif ou un test qui permet de savoir ou l'on se situe.



Entrainement au combat libre avec protections



Finalement, il est nécessaire de ne pas aborder cet entrainement trop tôt, ce qui aurait pour effet d'amener de mauvaises habitudes et de détruire tout le travail de base. Le corps doit, au préalable, avoir été formé par les différents exercices permettant d'assimiler les nombreux principes essentiels à la pratique du combat. C'est en utilisant ces principes inconsciemment que l'entrainement au combat peut être bénéfique, ce qui sous entend donc plusieurs années de pratique des jibengong, dont le but est d'éduquer le corps et l'esprit dans un moule bien défini.

dimanche 6 avril 2008

Zaichui, une technique spécifique au Yiquan ?

Les mouvements techniques pratiqué en Yiquan relativement peu nombreux. Ils sont inscrit dans un ensemble de principes biomécaniques et psychomorphologiques, dont l'apprentissage se fait par les exercices de base (jibengong) que sont Zhanzhuang, shili, mocabu, fali...(les sept portes)

La plupart de ces "techniques martiales" proviennent d'écoles bien connues comme le xingyiquan, le xinyiliuhequan, le baguazhang et le taijiquan.

Parmis ces techniques, zaichui ou zaiquan, qui signifie coup de poing ou "martèlement" vers le bas : le caractère zai fait référence au mouvement de planter quelque chose et chui signifie frapper avec un marteau.




Le "martèlement vers le bas" du yiquan : zaichui




Cette technique, comparable au crochet de la boxe anglaise, possède tout de même ses propres caractéristiques : Une direction et un point d'application précis de la force lui confère son "efficacité optimum".
D'autres caractéristiques le différencie du crochet, notamment l'utilisation des deux mains simultanément : une main pare et "accroche" l'adversaire, l'autre le frappe dans son déséquilibre.





Sur cette première action, de thyson sur botha, un crochet en tous points semblable à zaichui



zaichui est une technique caractéristique du Yiquan. Elle se rapproche d'une des trois anciennes paumes du baguazhang (laosanzhang), la "paume qui frappe en s'effondrant" (tazhang).





zaichui en reculant




Tazhang étant quasiement la même technique si ce n'est que la frappe se fait avec la paume et non avec le poing.





Tazhang en reculant




Dans l'action de parer en tirant l'adversaire à soi, le déplacement prend une importance toute particulière. On retrouve cette forme de contrôle sur le côté en tirant et déviant lors de la pratique de l'exercice du tuishou à deux mains du yiquan. Le pas, qu'il se fasse en avançant ou en reculant, s'effectue à 45 degrés en dehors de la ligne adverse pendant qu'un bras dévie et tire à l'extérieur, ce qui permet de libérer l'autre main, laquelle s'abat alors sur le sternum de l'adversaire, dans un angle de 45 degrés dirigé vers le bas. Cette direction correspond au "point faible" adverse : étant tiré vers l'avant, il aura pour réflexe naturel de résister à cette traction et "videra" sa force d'appui arrière.

Comme sur la vidéo précédente, il sera touché en plein déséquilibre, décuplant l'impacte...



Yao zongxun, travail du zaichui



Cette technique se travaille sous la forme d'un shili circulaire extérieur. La main qui ramène à soi peut utiliser la force de tirer ou bien celle de pousser mais doit impérativement venir protéger le centre. Le zhanzhuang permettant de travailler ces forces étant plutôt celui de "tenir des ballons, paumes vers le bas".


mardi 25 mars 2008

Simple et double appui en tuishou


L'enseignement de Wang xiangzhai se structura sous sa forme actuelle vers la fin des années 30. Il se présente désormais en une succession de 7 étapes d'apprentissage, appelée "les sept portes". L'exercice de "pousser avec les mains" (Tuishou), également connu sous le nom de "pétrir avec les mains" (Roushou) constitue une de ces 7 étapes.

Celle-ci est particulièrement importante pour le pratiquant désireux d'améliorer ses capacités au combat :

Il s'agit d'apprendre par cet exercice à gérer les différentes forces adverses en utilisant les principes acquis précedemment. Autrefois, Tuishou était appelé "Tingjing", ce qui pourrait être traduit par " être à l'écoute des potentiels de force" (écouter le jing).



Wang xuanjie dans l'exercice du "Tingjing"




On retrouve dans le Dachengquan deux formes d'exercice pour pousser avec les mains :

- Avec deux mains (shuangtuishou / tuishou double)
- Avec une main (dantuishou / tuishou simple)

Ces deux exercices correspondent à deux entrainements à des situations bien différentes :

S'entrainer au Shuangtuishou correspond à la situation de gérer les potentiels de force adverses lorsque l'on se retrouve dans sa garde. Concretement, cela permet d'apprendre à "rentrer" dans l'adversaire. Pour ceci, on doit apprendre à dévier les différentes forces qu'il exerce sur nous grace aux déplacements, sans perdre notre force intégrale et en étant à l'écoute de ses erreurs.

Le Xingyiquan est un style qui est particulièrement porté sur cette stratégie et c'est une des raisons pour laquelle les pratiquants de yiquan affectionnent cet exercice tout particulièrement.





Yao zongxun et Li jianyu pratiquent le shuangtuishou





Le dantuishou est encore plus important car il permet de s'entrainer de la même manière mais lorsque l'on est à l'extérieur de la garde adverse. L'idée étant alors de contourner sa force, de "passer sur un coté" (donc d'esquiver), ce qui est particulièrement conseillé lorsque l'on se trouve en face d'une personne dont le potentiel de force est beaucoup plus grand que le notre (adversaire d'un gros gabari).


Une des écoles qui prone le plus ce type de stratégie est le baguazhang, le simple changement de paume relève techniquement du dantuishou.



Yu hongkun et michèle Ribert, dans l'exercice du dantuishou



Le contrôle de la force adverse se fait au travers de la maîtrise de son propre équilibre (ou enracinement), tout en sachant faire perdre le sien à son opposant. Dans la théorie du yiquan, cette maîtrise passe par une compréhension physique des notions de simple et double appui : le pratiquant sachant garder un simple appui en permanence pourra rester connecté avec le sol tout en etant mobile. Et cette mobilité lui permettra de s'adapter à la situation, c'est à dire à conserver un positionnement correcte par rapport aux angles selon lesquel s'exerce la force adverse...

Si, à un moment donné, le pratiquant se retrouve en double appui, il lui sera alors impossible "d'évacuer" la pression de la force que son opposant exerce sur lui et il perdra alors son équilibre.


Yang shaogeng, disciple de Wang xiangzhai, en shuangtuishou




L'exercice du Tuishou est donc un exercice d'entraînement à l'équilibre (ou "enracinement"). Perdre son équilibre n'est pas une fin en soi, mais lors d'un affrontement, celui qui perd son équilibre se met en grand danger : s'il est touché à ce moment, il en subira de grands dommages. D'où l'idée de parvenir à garder son équilibre tout en faisant perdre le sien à son adversaire.


Pour completer cet exercice, les techniques pratiquées en Yiquan sont toutes basées sur l'idée de simultanéité de l'attaque et de la défense : Lorsque l'on frappe, on accroche systématiquement avec l'autre main de façon à briser l'équilibre adverse au moment ou il sera touché.




Wang shangwen et jean-luc Lesueur en dantuishou, puis démontrant quelques techniques de frappes en shuangtuishou




La notion de simple et double appui étendu à toutes les parties du corps s'acquiert, entre autre, par l'exercice de déplacement. Lors de mocabu, qui signifie se "déplacer en friction", il faut imaginer les frottements de l'air sur tout le corps et tacher de conserver des sensations équilibrés et agréables. Dans un même temps, le déplacement du poid du corps se fait d'un kua (plis de l'aine) à l'autre.




Le shuangtuishou en posture statique constitue le début de l'apprentissage aux notions de simple et double appui



Le tuishou est dans la suite logique des autres "exercices" du dachengquan : On apprend à sentir la force naturelle par le zhanzhuang, on apprend à l'utiliser avec le shili, à se déplacer avec par mocabu et lorsqu'on a appris à l'exterioriser des deux manières que sont fali et fasheng (à l'extérieur et à l'intérieur du corps), on peut apprendre à sentir celle de son adversaire ainsi que comment la gérer, ce qui doit être fait au moyen de tout l'apprentissage précédent...



dimanche 9 mars 2008

Les principes du Hequan dans le Yiquan

Pendant les échanges que Wang xiangzhai eut avec des maîtres de Hequan, il aurait appris et assimilé certains des principes chers au Yiquan, notamment le principe du Zong.

L'expression« Zong » vient d'un dialecte de la région du Fujian (d'ou le Hequan est originaire). Ce caractère représente le mouvement qu'effectue un chien lorsqu'il veut chasser l’eau de son poil après un bain.

C’est un des principes fondamentaux du Hequan.

Les animaux comme le chien, le tigre ou le léopard utilisent ce mouvement. L’homme, quand à lui, perd le contrôle de cette faculté progressivement, à mesure qu’il grandit. Et, même lorsqu'il tremble de froid ou lorsqu'il éjecte la sueur dégoulinant de son visage par temps chaud, il se contracte et se raidit au lieu de garder le tronc relaché. Les animaux, eux, savent secouer leur corps sans se raidir.
Lorsqu'un expert maîtrise cette force du Zong, toute force qui l’agresse est rejeté inconsciemment. L'adversaire éprouve alors la sensation de recevoir une décharge électrique. Un maître de très haut niveau ne reçoit jamais de coup en laissant son adversaire indemne. S’il est frappé, il se produit une réaction de soubressaut mu par la force globale de son corps.
On peut parfois lire des histoires de grands maîtres dont les agresseurs se blessaient le poignet en les frappant, ce ne sont pas des mythes...

Il existe de subtiles différences entre le jing du corps total, comme en Xingyiquan ou en Taijiquan, et le Zongjing. La plupart des écoles mettent l’accent sur l'accumulation et le relâchement de la force. Dans une situation de combat, accumuler la force peut être comparé à bander un arc et relâcher la force à décocher une flèche. Cela demande un relâchement complet du corps comme préparation et une soudaine tension de tous les groupes musculaires et tendineux durant la phase de sortie de la force. Avec le principe du Zong, le corps est rempli comme un ballon après que les muscles aient été relâchés et que le corps tout entier soit connecté. C’est comme une arbalète tendue pendant le combat. Elle lâchera sa flêche au moment opportun. Cela ne nécessite pas l’accumulation avant la sortie de la force (en deux phases). La différence peut être vue de cette façon : L’un tend l’arc pour lâcher la flèche, l’autre n’a qu’à presser la détente. Une autre manière de se représenter la différence tient dans ce que la plupart des écoles font sortir la force comme un boulet de canon. La force part dans la direction choisie à partir du centre du corps. Quand un chien s’ébroue, ce n’est pas dans une direction que l’eau est éjectée, mais dans toutes les directions, comme quand une bombe explose.
Le principe du Zong est plus facile à assimiler lorsqu'on a déjà maîtrisé la force totale (force du corps uni) . Ca l'est beaucoup moins lorsqu'on n'a pas cette base indispensable.






Fali sur le coté, tout le corps projète la force

La force résonante


Madame Fang qiniang ainsi que les autres maîtres qui ont créé le Hequan, l'ont fait après avoir observé le mouvement des grues. Comme les maîtres des autres écoles, ils ont pris leur inspiration dans le maniement des armes, plus particulièrement l’escrime et le tir à l’arc en ce qui concerne le Hequan. Pour illustrer certains de leur propos, les maîtres du Hequan utilisent l’image du Guanghu (un instrument chinois proche du violon) :

Après un spectacle, le musicien doit relâcher les cordes de son instrument avant de l’accrocher au mur, puis les retendre correctement avant son prochain concert. Cette action est crucial car si les cordes sont trop molles, il ne pourra en tirer aucune note et si elles sont trop tendues, elles casseront.

Engager un combat est comme tendre une arbalète ou accorder les cordes d’un violon : ce n’est qu’à ces conditions qu’on peut lâcher une flêche ou jouer de la musique.

De même, le combat en Yiquan exige que " trop mou, il faut se tendre un peu ; trop dur, il faut se détendre. Mais, il ne faut jamais être trop dur ou mou". Les concepts de doux et de dur sont évidents dans l’esprit des gens, mais il faut beaucoup de temps pour vraiment les comprendre et les assimiler.

Trop souple, on est mou.

Trop dur, on est lent et crispé.

Il est impératif de bien comprendre cette relation avant de s’entraîner au Fali.

La force résonante fait référence à la vibration que l’on peut observer sur les membres des pratiquants avancés à chaque fois qu’ils font appel à leur puissance. - En Yiquan, on peut patfois observer ces tremblements lors de la pratique du shili. Ils sont en réalité la résultante d'une mise en tension du Yi (l'intention) en gardant les muscles volontaires relachés. - De nos jours, certaines personnes font délibérément trembler leurs bras durant la pratique. Peut être ont-ils vu ce phénomène et essayent-ils de l’imiter…





Le maitre de hequan huang xinxiang, on peut voir les tremblements caractéristiques de la force résonante lors de sa forme



En réalité, "ces tremblements viennent naturellement, même si on essaye d’y résister, comme une flèche qui jaillit d’un arc". Il n’est pas dans l’intention de l’archer de faire vibrer la corde de son arc : même après que l’arc se soit détendu, la corde vibre encore. C’est la même chose quand la flèche atteint sa cible : elle vibre d’elle-même. C’est le signe d’une grande force de pénétration. C’est ce que les gens pensaient lorsqu'ils disaient du Bengquan de Guo yunshen qu'il était "comme une flèche".


Parce que les grands maîtres de Hequan ou de Yiquan utilisent le Zongjing comme force fondamentale, ils doivent pouvoir attaquer de n’importe quelle position...

*Ce texte est tiré d'un article paru dans un magazine d'arts martiaux Taiwanais

jeudi 6 mars 2008

Le technique de Wang xiangzhai

Ces deux témoignages décrivent différentes observations du Fali de Wang xiangzhai. L’une par un de ses élèves, l’autre par ses petits fils. Les descriptions sont particulièrement intéressantes :


Kenichi Sawaï

Kenichi Sawai (1903 - 1988) fut l’unique disciple étranger de monsieur Wang xiangzhai. On retrouve souvent dans les ouvrages de Sawai, ainsi que dans ceux de ses propres élèves, de nombreuses références à Wang xiangzhai.
On peut constater que Sawai, et c’est également vrai aujourd’hui pour ses élèves, s’exprimait souvent sur l’utilisation des poignets dans le Taikiken.
Ceci a un sens : A maintes reprises, Wang xiangzhai a donné des instructions sur l’utilisation des poignets et notamment de leur face interne.


Kenichi Sawai, disciple de Wang xiangzhai et créateur du Taikiken


Monsieur Sawai en parle ainsi :

« Wang xiangzhai utilisait systématiquement la partie intérieure de ses poignets pour crocheter les bras de ses adversaires, lorsqu’on l’attaquait. Il les rejetait alors en arrière, comme éjecté par un ressort. On aurait dit qu’il « avalait » les coups de poing adverses puis qu’il les « recrachait ».
Lorsque l’on vivait cette expérience, il était difficile d’expliquer ce que l’on avait ressenti, l’action semblait relever de l’intervention divine. Si, par la suite, on cherchait à ne plus se faire crocheter…on se retrouvait alors ballotté vers le haut ou vers le bas, mais c’était toujours en utilisant cette force ressort dont le contact se faisait avec les poignets. En général, c’était avec la partie intérieure des poignets qu’il « cueillait » les attaques adverses. Il utilisait aussi la partie externe des poignets lorsqu’il retournait son mouvement de façon à projeter (les mains tournées vers l’extérieur, de façon à « rentrer » dans l’intention de l’adversaire) ou à toucher (les mains tournées de façon à suivre l’intention adverse).


Peu de gens sont capable d’utiliser cette partie interne des poignets pour attaquer, comme le faisait Wang xiangzhai. La plupart des artistes martiaux ne savent, d’ailleurs, même pas utiliser cette partie du corps. Lorsqu’ils utilisent la partie supérieure ou inférieure des poignets, l’intérieur ou l’extérieur, c’est afin de bloquer une attaque. En terme de sensations, il est difficile de comprendre comment absorber le coup de poing adverse de cette manière. »




video


"Absorber rejeter" démontré par Han xingyuan


Grand père Wang

« En 1962, lorsque grand mère décéda, grand père en fut extrêmement triste. Il fut alors véritablement incapable de prendre soin de lui. C’est à ce moment que le responsable de l’institut de médecine chinoise de la province du Hebei lui proposa un travail. Une assistante était également désignée pour mettre en ordre ses notes sur le yiquan et le zhanzhuang ainsi que pour l’aider dans ses besoins quotidiens.

Malheureusement, pour différentes raisons, grand père tomba gravement malade. Nous le primes alors à la maison avec nous. Nous eûmes à ce moment la chance de recevoir quelques enseignements de lui. Mais, parce que nous n’étions pas capable d’apprécier la profondeur de son enseignement, nous ne fumes pas très sérieux dans notre étude et pratique, et celles ci ne furent donc pas très bénéfiques. Grand père en était très triste. Lorsque j’y repense, je regrette vraiment de ne pas avoir été capable de saisir une telle opportunité. Nous étions alors, moi et mon frère, âgés de 14 et 16 ans. Quand grand père se sentait un peu mieux, il nous donnait des leçons. Une après midi, après avoir pratiqué zhanzhuang, nous commençâmes à pratiquer tuishou. Nous n’étions jamais capable de faire cet exercice correctement. Et, comme nous avions entendu dire que grand père faisait « voler les gens », nous lui demandâmes : « Pourquoi est ce que nous sommes incapable d’en faire autant ? »

Grand père était assis sur le sofa, il bougea légèrement, leva son bras, qu’il présenta avec le poignet légèrement plié et les doigts tendus. Puis, il me demanda de pousser son bras. Regardant sa silhouette svelte et sachant qu’il était faible parce que malade, je n’osai pas user de trop de force. Grand père sourit et dit : « Stupide gamin ! Utilise plus de force, n’ait pas peur ! » Je commençai alors à pousser plus fort, mais j’étais toujours incapable de plier son bras. Soudain, j’y mis toute ma force. J’eus l’impression d’être dans un ascenseur qui se met en marche soudainement. Mon corps s’éleva et fut projeté en arrière, heurtant le mur, puis je retombais sur le sol. Grand père se mit à rire. Moi et mon jeune frère étions vraiment surpris. Notre vieux grand père malade avait une telle puissance ! Assis sur le sol, je me mit à rire également. Maman vint depuis la cuisine pour voir ce qu’il se passait. Voyant grand père heureux, elle en versa quelque larmes de joie. Grand père sentit probablement qu’il était encore plein d’énergie et qu’il pourrait guérir. »



Yao zongxun, en Fali vers l'avant.


mercredi 5 mars 2008

Jijizhuang, la posture du pieu pour le combat

JIJI: dextérité dans le combat.
ZHUANG: abréviation désignant la posture.

Monsieur Yao zongxun nous éclaire sur le travail du jijizhuang :

« Il y a trois exigences pour s'exercer à la posture de combat.
Elles restent les mêmes pour la posture de santé. »

1-Concentrer l'esprit.
Regrouper tous ses esprits dans un haut degré de concentration. L'objectif est de passer dans un tel état au moment d'une confrontation avec un ou plusieurs ennemis.

2-Relacher le corps tout entier.
Relâcher tous les muscles du corps. En raison du fait que la plupart des gens se raidissent lorsqu'ils sont dans un état de stimulation extrême de l'esprit. Cette contraction
empêche l'utilisation de la force naturelle. Il faut donc s'efforcer de rester décontracté pendant l'entraînement. Ainsi, il sera possible d'exécuter des mouvements d'une grande agilité et d'agir rapidement au moment venu.

3-Respirer de façon naturelle.
Laisser la respiration se faire librement. L'objectif est simplement de réussir à maintenir une respiration naturelle, afin que la force physique permette de garder la posture longtemps sans raidir le corps.






Li jianyu, disciple de Wang xiangzhai,
dans la posture "bouclier et lance"



En plus de ces points essentiels, il est important de retenir cette sentence capitale pour la pratique du zhanzhuang : « Pendant l'entraînement vous devez être tendu mais pas contracté, décontracté mais pas mou. »


Travail du yi dans la posture

Pendant toute la pratique du zhanzhuang, le premier point est de se sentir grand et imposant:

Imaginer que vous êtes un géant se dressant de manière imposante. Il vous faut vous dresser, seul, tête haute et majestueux, sur un monde s'étendant à perte de vue. Monsieur Yao zongxun parle d’essayer d'obtenir la force de caractère de « Yu qui voulait être plus grand que le ciel ». Dans un même temps, utilisez l'intention (yi) pour réaliser que l'univers est un tout dont vous êtes le centre.
Pendant l'entraînement, il vous faut être physiquement décontracté et mentalement tendu.





Zhang changxin, dans la posture "tenir des ballons"


Explications sur l’esprit (shen) et l’intention (yi)


Wang xiangzhai nous éclaire en ces termes :

« L’esprit est détendu et l’intention est tendue.
Pour bien comprendre, il faut d’abord connaître la différence entre esprit et intention :
L’esprit réagit en premier à une stimulation extérieure. Par exemple, si l’on est surpris et que l’on sursaute, c’est un mouvement du à une stimulation de l’esprit.
L’intention, réagit en second et correspond, par exemple, à le réaction de réponse à cette stimulation extérieure.
On peut dire que l’esprit est la racine de la réaction et que l’intention contient la possibilité de réaction appropriée.
Lorsqu’on dit l’esprit est détendu, cela correspond à une décontraction totale du corps. Elle agit sur les muscles, le système pileux (les pores) et le système sanguin qui n’ont, alors, plus de barrière nerveuse les empêchant de s’exprimer.
L’intention est tendu, signifie qu’elle est au commande du Qi, ce qui a pour effet d’augmenter le flux sanguin. »



Wang xuanjie, dans la posture de
"tenir un bébé"



Les différentes postures du Jijizhuang

Les formes les plus courantes de jijizhuang sont au nombre de cinq, il en existe quantité d’autres :

Le bouclier et la lance
Tenir un bébé
Ecarter les nuages
Tenir des ballons
Tenir des oiseaux



Zhao huafang, disciple de Wang xiangzhai, en posture "maitriser le tigre"


On peut ajouter à ces cinq formes les postures à grand pas de « maîtriser le tigre » et de « chevaucher le dragon », essentielles pour la pratique du combat.

mardi 4 mars 2008

L'enseignement de Guo yunshen

L’enseignement théorique de Guo yunshen reposait sur les « trois vérités » (san li), les « trois capacités » (san gong) et les « trois méthodes » (san fa) ainsi que sur la notion de simple et double appui lors de la pratique de la posture Santishi.

Posture santishi


Les « trois vérités » représentent trois étapes d’un même principe :

Entraîner l’essence (le Jing) pour la transformer en souffle vital (Qi), entraîner le souffle vital pour le transformer en énergie spirituelle (Shen) et entraîner cette énergie spirituelle pour la ramener au vide (Xu).

Les « trois capacités », sont trois niveau de Gongfu (maîtrise) :

1 - Transformer les os (Yi gu) afin de rendre la structure corporelle plus solide : Rendre les os solides comme le fer ou la pierre pour que le corps soit lourd et inébranlable comme le mont Taishan.

2 – Transformer les tendons (Yi jing) en les étirant, suivant le précepte « d’avoir des muscle long pour développer plus de force ». Cette transformation doit rendre les muscles « long et élastique ».

3 – Nettoyer la moelle (Xi sui) consiste en « clarifier l’intérieur (l’esprit) pour le rendre vide ». Il s’agit d’harmoniser l’esprit et d’apprendre à se servir de l’intention (Yi ) pour accéder à l’énergie spirituelle (Shen).

Han xingqiao, disciple de Wang xiangzhai, en posture chengbao




Les « trois méthodes » sont trois méthodes d’entraînement. On entraîne trois énergies distinctes (trois jing).

1 - L’énergie de compréhension (Ming jing) correspond à l’énergie dure, c’est l’étape de « transformation des os » et du passage de l’essence au souffle vital. A ce stade, le Qi du ciel postérieur (houtian qi) prend le dessus sur le Qi du ciel antérieur (xiantian qi ). (Le souffle du ciel antérieur étant celui qui anime tout être humain à sa naissance. A partir de cette naissance, le souffle du ciel postérieur prend le dessus et l’homme va en se raidissant et durcissant jusqu’à sa mort.)
Historiquement, les techniques de « retour au souffle du ciel antérieur » ont été élaboré par Damo. Celui ci avait créé la méthode de « transformation des tendons et de purification de la moelle » (Yi jing xi sui fa) dont le but était de renforcer le corps en lui rendant l’aspect et le mode de fonctionnement qu’il avait à sa naissance. Pendant la dynastie des Song, Yue wumu (Yue fei) développa cette méthode pour l’utiliser sur le plan martial en y ajoutant la transformation des os (Yi gu).

2 – L’énergie dissimulée (An jing) correspond à l’énergie souple. C’est l’étape « d’entraîner le Qi pour le transformer en Shen » et c’est également l’étape de « transformation des tendons ». On peut dire qu’à ce stade, on active « la grande circulation céleste » par opposition au stade précédent ou on démarre la « petite circulation céleste ». Ce stade d’entraînement passe par l’unification du haut et du bas du corps, des pieds et des mains.

3 – L’énergie de changement (Hua jing) correspond au « retour du Shen au vide » ainsi qu’à l’étape de « purification de la moelle ». On parvient à cette étape en allant à l’extrême limite de la souplesse .Le canon de la boxe (Quanjing) dit de cette étape : « La boxe sans boxe, l’intention sans intention ; sans intention on parvient à la véritable intention » .

Les notions de simple et double appui (Danzhong, Shuangzhong) dans la pratique de la posture des trois ensembles (Santishi) :

Guo yunshen disait : « Le Xingyiquan commence par la pratique de la posture Santishi, les pieds doivent être en simple appui, ils ne doivent en aucun cas être en double appui. » Une posture en simple appui implique qu’un pied soit toujours vide et l’autre plein. Donc, pour la posture Santishi, le poids doit reposer sur la jambe arrière, qui est la « jambe pleine ». De cette façon, la possibilité d’être mobile et « vivant » est toujours conservée. Autrement, l’ensemble du corps en déplacement est plus dur que souple et les changements sont difficilement possible.



La pratique du tuishou en déplacement permet de s'exercer à conserver une posture en simple appui tout en controlant la force adverse


L’ensemble de ce texte soulige les points importants enseignés par le maître Guo yunshen. On y retrouve bien les grands principes développés plus tard par Wang xiangzhai dans son enseignement personnel ainsi que quelques points historiques cités dans ses divers ouvrages, à savoir :


1 – Unification du corps couplée au travail de l’intention.
2 – Recherche de l’intention sans intention (retour de l’intention au vide).
3 - Notions de simples et double appui dans la posture.
4 – Origine du Yiquan / Xinyiquan / Xingyiquan attribuée aux pratiques de Damo et Yuefei.



Les informations contenu dans la première partie de ce texte sont issu des enseignements oraux de monsieur Chen yuncong (93 ans), de monsieur Zhu fengli (78 ans) et de monsieur Wu yonglin, tous trois issus de la filiation du grand maître Gui ting. Monsieur Gui ting, transmetteur de l’enseignement du grand maître Guo yunshen (1855 – 1932), a donné à ses disciples des informations très précises sur la théorie du Xingyiquan.

lundi 3 mars 2008

Dancaoshou, les techniques du Yiquan



































































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