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lundi 18 août 2008

L'enseignement de Wang xiangzhai


Comme nous l'avons déjà évoqué précedemment, il est difficile de savoir ce que le maître-fondateur a véritablement enseigné pour la raison que plupart de ses disciples reçurent également un enseignement de Yao zongxun ou bien avaient déjà de nombreuses années de pratique dans d'autres écoles de l'art martial chinois.

Il semblerait alors qu'un des seuls moyens d'entrevoir le yiquan laissé par le maître Wang xiangzhai à la postérité est d'essayer de comprendre les nombreux commentaires écrits qu'il nous a légué.




"S'étendre" (qiba) pour le faire qu'un avec la nature






Dans son interview au quotidien du peuple, le maître s'exprimait en des termes, durs pour les autres pratiquants de son époque, mais qui révélaient certaines de ses nombreuses recherches sur les origines de l'art martial. Ce sont ces recherches qui l'avaient poussé à entreprendre son célèbre "voyage de perfectionnement" à travers toute la Chine et qui l'avaient, certainement, ammené à composer son enseignement.

Dans cette interview, le journaliste lui pose une question relative aux relations, nombreuses selon Wang xiangzhai, qu'entretiennent opéra et art martial et sa réponse est la suivante :


"Auparavant, l'opéra fut créé pour éduquer les foules. Tous les mouvements martiaux que l'on y trouve ont pour origine la voie de la boxe. Or, à l'origine de la boxe, il y avait une pratique appelée "qiba" (s'élever, s'étendre vers le haut). Ce gongfu était une sorte de shili dont la pratique consistait à chercher la force par le port de la tête ainsi que la répartition correcte du poid du corps entre les deux jambes. En unifiant le corps de la sorte, on finissait par l'étendre jusqu'à le rendre "un avec l'univers". Anciennement appelée qiba ( 起拔 ),on retrouve cette pratique dans l'opéra actuel, mais appelée par erreur qiba ( 起霸 / s'étendre pour dominer) . Elle consiste à chercher la personnalité du caractère (le yi du personnage). En regardant les postures et la théorie qui en résultent, on sent bien que sans être vraiment loin du but, elles ne l'ont pas atteind pour autant. Elles ont en elle la racine originelle mais ont dérivé et ne sont plus que des postures esthétiques déstinées à divertir l'oeil du riche spectateur : elles ont été créée de toute pièce. Il en va de même aujourd'hui chez les pratiquants de boxe : Tous sont capables de se mettre dans toutes sortes de posture mais aucun ne possède de véritable équilibre dans leur utilisation. En fait, il y a beaucoup de vieux chevaux mais peu de jeunes poulains. Tout cela n'est devenu qu'une distraction contrefaite. Et, quand bien même dans ce domaine, certains n'arriveront jamais à rien, comment pourraient-ils, de ce fait, entrevoir la satisfaction profonde qu'apporte la voie de la boxe ?"






Opéra de Pékin (jingju) extrait d'une représentation des "trois royaumes"







Plus tard dans la même entrevue, le maître s'exprime sur l'art de la santé (yangshen) en ces termes :

"En réalité, les clefs de la préservation de la santé sont simples. La nature humaine profonde nous pousse vers la simplicité et les mouvements libres de toute restriction. L'extension de l'instinct naturel en est la base. Tous les jours, dans l'air frais du matin, sans aucune méthode, pliez légèrement et simplement toutes les articulations, considérez le vide qui vous entoure, bougez simplement et librement. Ressentez l'énergie du flux sanguin à l'intérieur de votre corps et, en dans un même temps, prenez conscience des forces naturelles qui s'exercent sur l'extérieur de tout votre corps. C'est ce que l'on appelle : l'esprit (shen) est comme s'il nageait.
Le corps et l'esprit sont naturels et comfortables. Non seulement libre et sans entraves, ils vont progressivement finir par s'étendre pour ne faire plus qu'un avec la nature."





L'esprit est comme s'il nageait, par Wang xiangzhai




Ainsi, l'enseignement de Wang xiangzhai, souvent exposé sous son aspect des plus martial et complexe, avait pour racine la simplicité et le naturel.


mercredi 23 avril 2008

L'équilibre des forces dans le corps

La pratique du zhanzhuang pour le bien-être fut développé par Wang xiangzhai à partir des années 60, lorsqu'il travailla en collaboration avec des chercheurs de l'hopital de Baoding.

Les principes du zhanzhuang pour la santé consiste en une sollicitation naturelle des activités cérébrale et cardiaque au sein de postures statiques. Ces deux systèmes sont regroupés autour d'un même concept en médecine traditionnelle chinoise, puisque le caractère du coeur (xin) peut aussi bien désigner l'organe en lui même que l'activité spirituelle (esprit). D'ailleurs, sa représentation ancienne, peut aussi bien être celle du coeur que de l'encéphale : tout deux possèdent un reservoir central, deux ventricules, une enveloppe et le sens d'écoulement figuré par une sorte de queue vers le bas peut aussi bien représenter une artère qu'un nerf moteur...





La représentation ancienne du caractère Xin (calligraphie de l'auteur)




La stimulation simultanée du coeur et de l'encéphale passe avant tout par l'activation de l'intention (le yi) au travers de différentes visualisations. L'intention entretient une étroite relation avec l'esprit (le shen). Cette relation entre intention (yi) et esprit (shen) est assez difficile à cerner, à ce propos, Wang xiangzhai, dans l'un de ses ouvrages, nous éclaire en ces termes :

« Pour bien comprendre la phrase "l’esprit est détendu et l’intention est tendue.", il faut d’abord connaître la différence entre esprit et intention :


L’esprit réagit en premier à une stimulation extérieure. Par exemple, si l’on est surpris et que l’on sursaute, c’est un mouvement du à une stimulation de l’esprit.
L’intention, réagit en second et correspond, par exemple, à le réaction de réponse à cette stimulation extérieure.
On peut dire que l’esprit est la racine de la réaction et que l’intention contient la possibilité de réaction appropriée.

Lorsqu’on dit l’esprit est détendu, cela correspond à une décontraction totale du corps. Elle agit sur les muscles, le système pileux (les pores) et le système sanguin qui n’ont alors plus de barrière nerveuse les empêchant de s’exprimer.

L’intention est tendu, signifie qu’elle est au commande du Qi, ce qui a pour effet d’augmenter le flux sanguin. »




Wang xiangzhai, pratique du zhanzhuang avec l'esprit détendu et le sourire




Selon He jingping, disciple de Wang xiangzhai, le zhanzhuang est une méthode qui permet de rétablir les différents déséquilibres corporels. Son maître avait dit à ce sujet que l'apparition d'une maladie est due à une "perte d'équilibre" d'un organe dans sa fonction. Il disait également à ce propos que ce principe était semblable à un autre principe de l'art martial : "faire voler" un adversaire en le projetant en arrière n'est possible que si son équilibre à d'abord été rompu !

La maladie ne s'installe donc que si la fonction d'un organe n'est plus équilibré.

Wang xiangzhai disait également qu'il n'existe pas d'équilibre absolu mais une possibilité de controler son équilibre à un moment donné.

Cette notion d'équilibre et de déséquilibre des organes et de leurs fonctions tend à rejoindre les théories utilisées par l'ostéopathie et la chiropraxie, lesquelles sont intimement liées à la posturologie...



Relations entre les différents organes et le système nerveux autonome, matérialisé par la colonne vertébrale





Dans son ouvrage "xiquan yi de", Wang xiangzhai écrivait :

«Dans l’art martial, la santé est primordiale. Ensuite vient l’autodéfense.

La pratique du zhanzhuang peut aider nombreuses personnes soufrant de maladies chroniques et qui ne parviennent pas à se faire traiter de manière correcte par la médecine classique. Grâce aux exercices, on peut parvenir à rester valide et apte à travailler jusqu’à un age avancé. C’est une des valeur de l’art martial. Ce genre d’exercice peut être décrit comme une façon de « se reposer en s’entraînant ou de s’entraîner pendant le repos ».





Pratique du zhanzhuang pour "l'équilibrage des forces corporelles"





Il y écrivait également que :

« Ce genre d’exercice est très facile à apprendre. Rien qu’en le voyant faire, on peut déjà en connaître les grandes lignes. Les résultats viennent aussi très rapidement. Mais il ne faut pas trop « forcer » mentalement ou physiquement. De la sorte, on peut développer de bonnes habitudes, utiles dans la vie courante car permettant d’agir de manière plus efficace. Cet exercice est bon pour le corps et pour l’esprit. En revanche, en recherchant des mouvements complexes ainsi que la force, on n’obtiendra aucun résultat. »

Ne pas forcer mentalement ou physiquement correspondant au principe cité plus haut de "rétablir l'équilibre corporel"...

lundi 31 mars 2008

Les 24 postures du zhanzhuanggong (dernière partie)


Mouvement complémentaires

18 - Les deux mains soutiennent en s’appuyant (shuangshou fuyi)
Les deux mains sont écartées de 70 cm, environ. Se soutenir et s’appuyer dessus. Relâcher les épaules et le ventre. Les bras sont en arrière du corps, la posture est de côté ou bien naturelle avec un écartement des pieds de la largeur des épaules. Le haut du corps est légèrement incliné vers l’avant, la tête redressée. Faire osciller légèrement le corps quelques fois puis immobiliser la posture.




"Les 2 mains s'appuient en soutenant" (mvt 18), exécuté par Wang yufang



19 - Les deux mains s’appuient sur un arbre (shuangshou fushu)
Les deux mains sont appuyées sur un arbre, l’une au dessus de l’autre. Les pieds sont en T, le corps est incliné vers l’avant, les yeux mi-clos, la tête légèrement penchée en avant ou bien obliquement sur un coté ou l’autre. Dans l’intention, on piétine des fleurs. La tête est comme attachée à une corde. Ressentir dans son esprit et dans tout son corps une certaine lourdeur, un profond sommeil.



S'appuyer sur un arbre (mvt 19), exécuté par Wang yufang




20 - Massage (an’mo shi)
Les 2 pieds sont écartés de la largeur des épaules, les deux mains pressent légèrement le bas ventre et émettent un tremblement.
1 – de part et d’autre du nombril
2 – au dessus et en dessous du nombril
3 – sur le nombril
Masser aussi longtemps qu’on le désire.

Postures supplémentaires

21 - Le coq d’or se tient debout, fier (jingji duli shi)
Se tenir droit, jambe gauche levée, pied en crochet. Fléchir l’autre jambe. Imaginer que les talons et les bras sont reliés par des cordes. La main droite presse vers le bas, la gauche tire vers le haut. La tête est érigée, le regard est porté vers l’avant, l’esprit (jingshen) est concentré.



Yao zongxun, dulizhuang (posture 21)




22 - Posture Dingba (dingba shi)
Prendre la posture dingba (entre V et T), les deux pieds écartés de la largeur des épaules, serrer l’entrejambe. S’appuyer au sol (un peu plus) et se déployer vers le ciel (un peu moins).
Décoller légèrement du sol le talon du pieds avant. Le pied arrière est en plein effort. La répartition du poids est 60/40 vers l’arrière. Les deux bars sont levés, doigts vers l’avant. La force est d’écarter à 30 % et d’envelopper à 70 %. La tête est érigée, le regard est porté vers l’avant et l’esprit (jingshen) est concentré.





Dingba shi (posture 22)




23 - Apprivoiser le dragon (xianlong shi)
Les jambes sont écartées en un grand pas. Le pied avant est en travers, la jambe avant est fléchie. La jambe arrière est tendue. Les deux bras sont écartés à l’opposé. Le bras avant pousse et le bras arrière presse vers le bas. La tête est tournée vers l’arrière. Le regard est dirigé sur le hukou (espace entre le pouce et l’index) de la main arrière . L’esprit (jingshen) est concentré.






Li jianyu exécute "apprivoiser le dragon" (posture 23)





24 - Se pencher sur le tigre (fuhu shi)
La posture est similaire à dingba shi, la répartition du poids est de 60/40 vers l’arrière. La jambe avant est fléchie, la jambe arrière soutient le poids du corps. S’appuyer et se déployer ( un peu plus / un peu moins). Les épaules sont relâchées et soutiennent les coudes. Les hukou des deux mains sont dirigés vers l’avant. La main avant presse et la main arrière crochète à soi. La tête dirige tout le corps, le regard est vers l’avant, l’esprit (jingshen) est concentré.





Wang shangwen exécute "se pencher sur le tigre" (posture 24)







samedi 29 mars 2008

Les 24 postures du Zhanzhuanggong (2ème partie)

Les postures couchées

12 - S’allonger sur le dos, les deux jambes étendues, pieds écartés de la largeur des épaules, yeux mi-clos, bouche entrouverte. Les deux mains sont posées sur le bas ventre. La tête repose sur un oreiller. Relâcher tout le corps comme si l’on flottait dans l’eau.




Posture allongée 12 par Han xingqiao





13 - Les deux mains sont placées devant la poitrine, paumes vers le sol. Relâcher les épaules, laisser tomber les coudes. Imaginer le bruit du vent et de la pluie. Les genoux légèrement fléchis, pieds écartés de la largeur des épaules. Tout le reste comme dans la posture précédente.

14 - Les jambes sont fléchies à 45 degrés., les pieds reposent à plat sur le lit, écartés de la largeur des épaules. Les mains sont devant la poitrine, paumes vers le ciel. Les doigts vers les côtés, les coudes sont légèrement décollés du lit. Faire attention à bien garder les épaules relâchées. Tout le reste est identique à 12.




Han xingqiao, postures allongées 14 et 15




15 - Les deux mains sont devant la poitrine, dans la forme de « tenir un ballon », coude légèrement décollés du lit. Veiller à bien garder les épaules relâchées. Le reste est identique à la posture précédente.

En mouvement

16 - Presser et rouler avec les deux mains (shuangshou cuo’an)
Les deux jambes sont légèrement fléchies, les deux bras sont écartés sur les côtés et s’appuient en pressant des ressorts imaginaires, aidant ainsi tout le corps à se déplacer. Les deux pieds bougent alternativement en friction, roulant une petite balle au sol avec la plante des pieds. S’appuyer au sol et s’étendre vers le ciel (utiliser un peu plus de force pour s’appuyer eu sol). Les regard est porté loin devant soi.




Li jianyu, exécutant le mouvement 16 (déplacement)





17 - Les deux mains pétrissent une balle (shuangshou rouqiu)
En posture de coté, pieds en T. Les deux mains sont a hauteur de poitrine dans l’attitude de tenir une balle, la main avant, paume vers l’intérieur et la main arrière, paume vers l’extérieur. Les dix doigts sont écartés, ni tendus, ni trop courbés. Les bras sont arrondis. Bouger lentement les deux mains, comme pour pétrir une balle.



Wang yufang exécute "les 2 mains pétrissent une balle" (mvt 17)



mercredi 26 mars 2008

Les 24 postures du Zhanzhuanggong (1ère partie)

Il s’agit des 24 postures répertoriées par Wang xiangzhai dans les années 50, avec l’aide de son élève Yu yongnian. Les noms des postures sont ceux employés par Wang xiangzhai dans cet ouvrage, les mêmes postures possèdent d’autres appellations. En voici une traduction personnelle en trois parties :

Les postures debout

1 - Posture de préparation (yubei shi)
Se tenir debout avec un écartement des pieds correspondant à la largeur des épaules, les débutants peuvent placer leurs pieds en V. Les jambes sont légèrement fléchies ou bien tendues et relâchées. Les deux mains sont placées dans le dos, dos des mains contre les hanches (on peut également les mettre dans son pull ou son blouson). Les dix doigts sont écarté et légèrement pliés. Relâcher les épaules et rentrer la poitrine.




Posture de préparation par Yao zongxun




2 - S’appuyer à la surface (futuo shi)
Les deux pieds sont positionnés comme dans la posture précédente. Les jambes sont fléchies (sans que les genoux ne dépassent la pointe des pieds). Répartir le poid du corps sur les deux pieds de manière équilibrée. Tout le poids du corps repose sur la plante des pieds, légèrement à l’arrière et sur l’extérieur de celle ci. Les mains sont placé devant le nombril, bras arrondis. Les épaules sont relâchées et soutiennent les coudes. Les paumes des mains sont tournées vers le ciel, les dix doigts écartés et légèrement fléchis se font face. La distance entre les deux mains est d’à peu près deux poings, comme si elles portaient un ballon. Le haut du corps est droit. Les fesses sont rentrées, comme pour s’asseoir sur un grand tabouret. Les yeux sont mi clos, la bouche est légèrement entrouverte. Ouvrir sont cœur et sa conscience. Sourire sans vraiment sourire. Imaginer que tout le corps flotte, avec une intention de grandeur, de déploiement et un esprit vide.



"S'appuyer à la surface" par Yu yongnian



3 - Soutenir en pressant (fu’an shi)
Les deux bras sont légèrement fléchis, les paumes sont tournées vers le sol, elles pressent et soutiennent. Les dix doigts sont écartés, l’écartement entre les deux mains correspond à la largeur des épaules. Elles sont placées à hauteur du nombril. Tout le reste est identique à la posture précédente.




Fu'an shi, soutenir en pressant




4 - Tenir en enveloppant (chengbao shi)
Les deux mains légèrement levées, à hauteur de la poitrine, éloignées de 30 cm au maximum et sans toucher la poitrine, au minimum. Les dix doigts sont écartés et légèrement fléchis ; La paume des mains est tournée vers l’intérieur, comme pour tenir un ballon. Relâcher les épaules et laisser tomber les coudes naturellement vers le bas tout en les soutenant à l’extérieur ; Tout le reste est identique à la posture de « s’appuyer à la surface ».





Chengbao shi, la posture de l'arbre la plus pratiquée



5 - S’appuyer en poussant (tuituo shi)
Même posture que la précédente, mais avec les paumes tournées vers l’extérieur, comme pour pousser quelque chose.

6 - Posture entièrement ronde (hunyuan shi)
Les deux mains sont placées devant la poitrine, paumes tournées vers l’intérieur, les doigts vers le sol. Les mains ne sont pas plus haute que les épaules. Tout le reste est identique à « tenir en enveloppant ».


Hunyuan shi, la posture de Wang xuanjie



7 - Séparer les eaux devant et derrière (qianhou fenshui shi)
En posture de coté, les pieds en T, jambes légèrement fléchies. Les mains sont de part et d’autre du corps, dans le prolongement de la ligne des épaules, plus bas que la poitrine. Les paumes sont tournées vers l’avant ou vers l’arrière (séparer les eaux devant ou derrière). Relâcher tout le corps et imaginer que l’on est plongé dans l’eau et que l’on nage.

Les postures assises

8 - S’asseoir sur le rebord d’une chaise, dos droit, les deux genoux naturellement ouverts et les jambes fléchies à 90 degrés. Les deux mains reposent sur les cuisses, paumes vers le bas ou bien vers le haut, comme pour porter un ballon. Relâcher les épaules et les laisser soutenir les coudes. Tête droite, yeux mi-clos, sourire légèrement. Relâcher tout le corps.





Posture assise 8




9 - Les deux mains sont placées devant la poitrine, épaules relâchées. Les mains ne sont pas éloignées du corps de plus de 30 cm et ne le touche pas, non plus. Les dix doigts sont écartés. Relâcher les muscles de tout le corps. L’intention est celle de tenir un ballon, tout le reste est identique à 1.





Posture assise 9




10 - Etendre les jambes, pieds à plat au sol. Les deux mains comme dans la posture précédente, tout le reste comme dans 1.

11 - S’asseoir droit, les deux mains levées devant les épaules, tournées vers l’extérieur. L’écart entre les deux mains est identique à celui entre les épaules. Remplir le dos, vider la poitrine, laisser tomber les coudes et ériger la tête. Ramener la pointe des pieds vers soi en crochet. Osciller tout le corps légèrement de droite à gauche une dizaine de fois puis se détendre naturellement. Les personnes faibles peuvent également pratiquer mains sur les cuisses.


Posture assise 11

vendredi 21 mars 2008

Dachengquan et longévité

Alors que l'instigateur du Dachengquan avait toujours insisté sur l'importance de cultiver son "patrimoine santé" (yangsheng), dont il considérait qu'il s'agissait d'une des trois raisons de pratiquer l'art martial, on peut constater aujourd'hui le fruit de son enseignement sur sa succession.

Parmis ses disciples proches, la liste des personnes encore de ce monde est difficile à établir, néanmoins on peut toujours citer Wang yufang, Li jianyu ainsi que Mi jingke et Zhao huafang agés respectivement de 83, 86, 95 et 93 ans.

Certains élève de Wang xiangzhai ont quittés ce monde à des ages avancés, comme Han xiangqiao, en 2004 à l'age de 96 ans ainsi que Ning dazhuang à 99 ans, Ma jiliang à 90 ans, Zhang changxin à 88 ans et Yuan jingqing à 102 ans...



Madame Mi jingke, posture maodun à plus de 90 ans





Qu'ils furent disciples de Wang xingzhai pour l'art martial ou pour l'art de cultiver sa santé, tous enseignèrent de la même façon :

Les postures du zhanzhuanggong les plus simples sont abordées dans un premier temps. Elles permettent d'apprendre à travailler sur les différentes sensations et à développer le jing dit "du ciel antérieur". C'est à dire développer une force naturelle, générée par l'ensemble du corps en coordination avec le système nerveux.

Cette première étape est, avec celle du shili, la plus importante pour les personnes souhaitant cultiver leur santé.



Ning dazhuang, disciple de wang xiangzhai, décéda à l'age de 99 ans





Certains disciples de Wang xiangzhai se sont concentré essentiellement sur l'aspect thérapeutique du yiquan. C'est le cas pour sa fille Wang yufang qui developpa un enchainement de 12 formes d'exercices, basés sur les effets du shili et du fali, à pratiquer en plus du zhanzhuang et dont les bénéfices sur la santé sont certains.




Wang yufang exécute différents shili



La recherche de la longévité était une préocupation majeure des écoles de pratique du souffle d'inspiration Taoiste. Dans la version chinoise de l'alchimie, l'élaboration de "l'élixir de longue vie" ne passe pas par la découverte de la pierre philosophale, mais par la transformation du "cinabre interne" (dantian signifie en chinois "champs de cinabre"). On peut simplifier l'explication sur ces pratiques en disant qu'elles consistent en la recherche d'un "retour au ciel antérieur". C'est à dire le retour au fonctionnement physiologique du corps humain en mode embryonaire !!!

La pratique du zhanzhuang, bien que n'étant pas une pratique de l'alchimie taoiste, consiste également en un travail sur "le retour au ciel antérieur", ce qui pourrait être une explication à la longévité de certains pratiquants de Yiquan.



Ma jiliang, disciple de Wang xiangzhai, décédé à l'age de 90 ans



D'un point de vue plus scientifique, disons plutot que le travail postural permet d'entretenir les différents muscles et tendons sans les abimer par une pratique violente, donc en étant praticable à tout age.

Qu'il permet également une activation de la circulation sanguine et une stimulation des différents systèmes nerveux.

En outre, de par le type de posture adopté, un étirement des différents segments de la colonne vertébrale provoque un allègement des pressions exercées sur les disques et les nerfs spinaux, dont l'action se répercute sur tous les organes internes. Lesquels subissent un massage par la monté et descente du diaphragme, ce qui fera à nouveau circuler le sang résiduel y stagnant habituellement.

Et, finalement, la recherche de "l'oublie de soi" permet la production d'onde alpha par le cerveau.

Rien de vraiment extraordinaire en fin de compte...

mercredi 19 mars 2008

Extrait du texte "les bénéfices de la pratique de la boxe"


"Xiquan yi de" est un des publications de Wang xiangzhai. Il fut aidé dans la rédaction de ce texte par la colaboration de deux de ses disciples : Sun wenqing et Li jianyu.

Ce texte nous présente, dans une réfléxion moderne et sensé, le lien étroit qu'entretiennent art martial et Santé. Il apporte, en outre, de nombreux détails pouvant servir à la pratique. En voici un extrait :



Il existe une phrase célèbre qui dit: « Avec une bonne santé, on peut réaliser de grande choses ». En d’autres termes, si vous êtes en bonne santé, vous pourrez vivre longtemps et vous réaliser dans de grandes causes.

La santé est extrêmement importante et dépend d’une constante activité au travers d’exercices appropriés. Afin de savoir si un exercice est bon pour la santé ou non, il est nécessaire de faire quelques recherches ainsi que de les tester d’un point de vue pratique.
Comment accomplir un test ?
Avant d’entreprendre une pratique il faudrait procéder à des analyses scientifiques : L’état du cœur devrait être vérifié ainsi que la pression sanguine, les pulsations cardiaques, la respiration, la quantité de globules rouges et de globules blancs présents dans l’organisme. Après avoir pratiqué quelques temps, il faudrait refaire ces même tests. Ceux-ci déterminerons véritablement si les exercices physiques pratiqués sont correctes ou non. Une bonne méthode d’exercices physiques est en accord avec les principes naturels de fonctionnement du corps humain. Seul ce type de méthode est bénéfique pour la santé.

Des exercices appropriés peuvent modifier le métabolisme des cellules du corps humain ainsi que des organes de manière positive. Ils peuvent améliorer le fonctionnement du système respiratoire et du système vasculaire ainsi que le métabolisme humain en général. En d’autres termes, on peut dire qu’ils activent l’organisme humain dans son intégralité. En terme de croissance, ils aideront au développement et renforceront le corps et les différents organes. Pour ce qui concerne les personnes d’age mûre, ces exercices devraient les aider à resté mince et en bonne santé. S’ils ne sont pas pratiqué assez intensément, les résultats ne se montreront pas, mais s’ils sont trop intensifs, ils endommageront le corps et seront source de maladies.




Wang yufang, fille de Wang xiangzhai, pratiquant le shili




Dans les formes classiques d’exercices, on peut déjà constater des difficultés respiratoires et une accélération cardiaque avant que le corps n’ait manifesté une quelconque fatigue. L’exercice doit donc être arrêté à ce moment de façon à laisser le cœur se reposer et la respiration revenir à la normale.

La science du combat chinois use d’une méthode différente. Il s’agit d’exercer les muscles et le système vasculaire. On peut dire qu’on exerce toute les cellules du corps. Le principe consiste en la stimulation simultanée de tous les types de cellules et d’organes dans un même temps. Même si pendant l’exercice les muscles sont fatigués, le pouls est normal et la respiration est naturelle. Après l’exercice, on sent que la respiration est plus aisée et l’on se sent mieux qu’avant. Il s’agit d’un effort graduel, sans accélération cardiaque. Le résultat est un renforcement du corps en gardant une bonne santé. Il n’y a, alors, plus les limites imposées par l’age ou le sexe. Et, parce qu’il n’y a pas d’enchaînement complexe de mouvements, le système nerveux n’est pas agressé et l’on obtient un relâchement des tensions internes, ce qui permet un repos mental. Ceci constitue un des éléments qui fait que l’entraînement à l’art du combat est différent d’autres formes d’exercices.




Zhu yaoting, disciple de Wang xiangzhai




Cependant, lors de la pratique du Zhanzhuang, il faut rester dans certaines positions et à ce moment les tissus et cellules musculaires travaillent. Ce type de travail est particulièrement bénéfique pour le développement des cellules et pour le travail du système vasculaire. Tout le corps et ses organes sont activés. Les organes sont tous stimulés sans danger d’une accélération cardiaque trop importante. Ceci n’a rien à voir avec un mouvement externe. Il est nécessaire de bien comprendre que dans l’art du combat « les grands mouvements ne sont pas meilleurs que les petits mouvements, que les petits mouvements ne sont pas meilleurs que l’immobilité. Le mouvement qui se fait en restant immobile est en perpétuelle naissance et n’a ni début ni fin. »

On peut dire que c’est une branche très spécifique des sciences chinoises, qui n’est connue nul part ailleurs. Mais, jusqu’à présent aucune attention particulière n’était portée à ce genre d’exercice. Et ce n’est pas quelque chose que les gens pourraient comprendre par leur propre expérience. Si l’on pense que des exercices aussi simple en position statique ne permet pas de développer la force et d’entretenir la santé, on fait alors preuve d’une lacune dans ses connaissances. En fait, non seulement ces exercices renforce le corps en un temps très court mais, en outre, ils aident à la guérison de nombreuses maladies chroniques qui sont difficiles à traiter avec des médicaments. Ils sont donc très valables d’un point de vue thérapeutique et prophylactique. C’est une méthode qui ne va pas à l’encontre de la physiologie.




Pratiquer le zhanzhuanggong dans un environnement agréable apaise l'esprit ainsi que les tensions qu'il exerce sur le corps






En ce qui concerne les formes classiques d’exercices, la plupart d’entre elles sont trop intenses, elles affectent le cœur ou bien se concentre sur une partie spécifique du corps. Ainsi, lorsque des personnes qui ont des problèmes de santé ne font pas d’exercice, ils recouvrent souvent la santé. Si, au contraire, ils commencent à faire de l’exercice, non seulement ça ne les aide pas à se remettre mais, souvent, cela aggrave leurs problèmes. Il y a, actuellement, un manque dans le domaine de la recherche sur les pratiques sportives. C’est sûrement une raison à la situation actuelle. Dans le passé, il y eu véritablement de nombreux maîtres de l’art martial qui y laissèrent leur santé, à force d’employer des méthodes inappropriées. La raison à cela est qu’ils usaient de méthodes qui n’étaient pas conformes aux exigences de la physiologie. Tout le monde devrait savoir qu’une science ne s’enferme pas dans de vieilles méthodes, son but est encore moins de préserver les erreurs que contenaient ces vieilles méthodes. La science est basée sur un développement par l’expérimentation. Une méthode doit être constamment développée par l’évaluation des principes au travers de la pratique. Cela doit être pris très au sérieux. Il est nécessaire de bien réfléchir. C’est la même relation qu’entre la lecture d’un livre théorique et l’action qui en découle.

Donc, les exercices ne doivent pas être trop intenses. En allant plus loin, on peut dire que la plupart des exercices qui sont populaires de nos jours , ont été créé pour un publique jeune uniquement. Les besoins des personnes d’age moyen et avancé sont négligés. Pourtant, ce sont bien les personnes âgées de quarante ans et plus qui se chargent des grandes tâches de la société, et ce, parce qu’elles ont de profondes connaissances ainsi qu’une grande expérience. Négliger leur besoin en activité physique signifie négliger leur santé. C’est une grande perte pour la nation !
Ce que j’appelle grands principes au sein d’exercices représentent, en fait, le calme, le respect, le réalisme au sein de l’exercice. Un esprit plus évolué devrait résulter de la pratique de ces exercices. Pour une personne qui a un minimum d’expérience et de connaissances, il apparaît comme évident qu’une mauvaise respiration, qui cause une accélération cardiaque ainsi qu’une tension du diaphragme, doit être banni. Pour ce qui est des personnes de plus de soixante ans, la recherche d’une amélioration de la santé devient une préoccupation bien supérieure à la recherche d’une haute réalisation dans l’art martial.

Il existe trois raisons majeures pour aborder l’étude de l’art martial :

- Entretenir sa condition physique.
- L’auto défense.
- Le plaisir d’apprendre, d’étudier les lois de la nature.

Entretenir sa santé est simple. Il suffit de se relaxer, de chercher à se sentir bien, naturel, léger, sans trop forcer, comme lorsque l’on commence à s’endormir ; imaginer que l’on flotte dans les airs ou dans l’eau – Ceci constitue les recommandations les plus essentielles. Si l’on cherche à faire quelque chose de plus, ça n’a pour effet que de dissiper l’esprit et donc ce n’est qu’une perte de temps. Si, par contre, on cherche à faire un exercice très intense, ça n’a pour effet que d’abîmer la santé.

Une fois que le corps est en bonne santé, on peut aborder l’ auto défense. Ce que l’on nomme auto défense signifie que lorsque l’on est attaqué, « On utilise ses poing et ses pieds » pour résoudre le problème. Son plus haut niveau de maîtrise est difficile à décrire avec des mots. Mais, en tous cas, l’auto défense est en étroite relation avec la santé. Car, avant l’agilité, la puissance et la technique, il faut d’abord avoir une bonne santé. Si l’on cherche à développer la puissance, il ne faut pas utiliser la force. User de la force musculaire empêche un bon développement de la puissance. Pour rendre le corps et les bras agiles, ainsi que les mouvements fluides, la meilleure méthode est le non-mouvement. Lorsque l’on trouve la méthode ennuyeuse ou énervante, on peut passer à des petits mouvements. Mais, au sein de ces mouvements, il est important de « continuer le mouvement lorsque l’on veut l’arrêter et s’arrêter lorsque l’on veut continuer ». En d’autres termes, « Il doit y avoir une volonté de créer le mouvement mais sans rechercher de résultat ».



Li jianyu, posture de "dompter le dragon" à plus de 75 ans





La signification est que le mouvement doit être fait avec beaucoup d’intensité en esprit, mais sans être particulièrement visible de l’extérieur. Il ne faut pas « faire » un mouvement. Lorsque l’on « fait » un mouvement, on peut dire que « rechercher la forme disperse la puissance. Sans forme, la puissance est accumulée ». Ainsi, plus le mouvement est lent, meilleur il est. De cette manière, il est possible de s’améliorer et d’avoir une meilleur compréhension du fonctionnement de son propre corps, jusque dans ses cellules et parties les plus méconnues. Il ne faut pas exécuter l’exercice de manière superficielle, sans y prêter attention. C’est la condition de base pour apprendre un mouvement. Si l’on recherche uniquement la beauté extérieure de mouvements rapides, non seulement, il n’y aura pas de résultat probant mais, de plus, aucune progression ne sera à envisager.

En termes de méthodes et techniques pour vaincre un adversaire, il ne faudrait pas utiliser de techniques préétablies. Si l’on use de techniques créées artificiellement, la faculté naturelle de s’adapter aux changements les plus divers est totalement perdue.



Wang yufang, entourée de Li jianyu et de Sun wenqing, les disciples de son père ayant collaboré à la rédaction de ce texte




Ce genre d’exercice est très facile à apprendre. Rien qu’en le voyant faire, on peut déjà en connaître les grandes lignes. Les résultats viennent aussi très rapidement. Mais il ne faut pas trop « forcer » mentalement ou physiquement. De la sorte, on peut développer de bonnes habitudes, utiles dans la vie courante car permettant d’agir de manière plus efficace. Cet exercice est bon pour le corps et pour l’esprit. En revanche, en recherchant des mouvements complexes ainsi que la force, on n’obtiendra aucun résultat.

Bien que ces exercices soient très simples, de nombreuses personnes les trouvent de plus en plus difficile au fur et à mesure qu’elles les pratiquent. Bien que ces personnes soient assidus, elles ne parviennent pas à distinguer le blanc du noir. Il faut savoir que, dans la nature, on place souvent la norme dans ce qui est hors du commun. Pourtant, en cherchant à sortir du commun, on fait fausse route.

vendredi 7 mars 2008

Jianwu, l'expression libre du yiquan


JIAN : Santé, vigueur, capacité physique.
QUAN : Boxe.
WU : Danse, enchaînement de mouvements harmonieux.


Wang xiangzhai, dans son ouvrage « Les véritable principes du Yiquan » (yiquan zhenggui), nous explique l’origine des formes libres telles qu’elles sont pratiquées au sein du Yiquan :

« Pendant les dynasties Sui et Tang, le jianwu était très répandu. A cette époque, il était une méthode de préservation de la santé ainsi qu’un entraînement pour le combat. Détenu par les maîtres de l’art martial, il fut transmis à des lettrés qui étudiaient également les arts militaires. Ainsi, de nombreuses personnes l’étudièrent et de nombreuses transmissions se répandirent. A notre époque, l’artiste martial Huang muqiao a hérité de cette transmission.
J’ai personnellement étudié son école il y a plusieurs années. Cherchant à approfondir la question des gravures datant de la dynastie Tang trouvées dans les grottes de Dunhuang ainsi que les terre cuites de la même époque représentant des hommes dans certaines gestuelles de danse. Ces dessins seraient, en fait, inspirés de postures du quanwu. Au moment où eu lieu la Beifa , j’ai voyagé dans le sud, à Huainan précisément, afin de rencontrer monsieur Huang muqiao, dans le but d’étudier cette école.
Je suis reparti après avoir approfondi, tant techniquement que théoriquement, le sens véritable du jianwu.
De ceux qui ont étudié jadis sous ma direction, une dizaine seulement ont atteint le niveau de compréhension des subtilités du jianwu. »



video

Wang bingkui, disciple de Wang xiangzhai,
en jianwu dans la deuxième partie de cette vidéo

Les différentes formes du quanwu
- Le flux des vagues
- le dragon qui nage
- la grue qui joue dans l’eau
- le serpent effrayé
Certains experts y ajoutent une cinquième forme libre : le grand souffle (Daqi).




Jianwu exécuté par le maître Li jianyu


Wang xiangzhai disait : « Les conditions préalables a l’étude du quanwu consistent en la pratique du zhanzhuang pour emmagasiner le qi. Par cette pratique, on complète quatre conditions qui en constituent l’extrême approfondissement :


- Le corps entier donne l’impression de couler ou de fondre.
- Tout le corps est comme remplit de plomb.
- Les muscles de tout le corps ne font plus qu’un.
- Les poils et les cheveux sont dardés comme des lances pointues.


Sans ces quatre conditions il est difficile de pouvoir exécuter, ne serait ce qu’un mouvement du quanwu. Si ces quatre exigences sont remplies, le mouvement vient alors naturellement. »
Ces quelques mots du fondateur nous éclairent sur l’origine du jianwu ainsi que sur l’évolution du disciple du Yiquan.

Wang xiangzhai, pris en photo alors qu'il exécutait sa "danse"


Il est très claire que le travail de base du Yiquan permet de réaliser le niveau des formes libres (jianwu ou quanwu). Cette pratique constitue, vraisemblablement, l’apogée de la fusion du corps avec le qi et l’esprit (les six harmonies). Elle est également le véritable sens profond des boxes imitatives, se référant à l’approche spirituelle et non purement gestuelle.

mardi 4 mars 2008

Yiquan et méditation

Le Dachengquan n’est pas une simple méthode de boxe, son entraînement prend appui sur des pratiques spirituelles.


Wang xuanjie l’expliquait d’ailleurs en ces termes : « Chan quan bu er » : La méditation et la boxe sont une seule et même chose !


Wang xuanjie, en posture jijizhuang

Dans son ouvrage « Dachengquan shiyong xueshuo » (Théorie pragmatique du Dachengquan), Mi jingke (disciple de Wang xiangzhai) donne quelques indications sur l’utilisation de l’esprit et de l’intention lors des postures :

« Que l’on pratique avec les yeux ouverts ou fermés, il faut impérativement « concentrer son esprit et fixer son intention », c’est là l’unique condition à laquelle ce travail portera des fruits.


Wang xiangzhai, dans son « Traité du Dachengquan » (Dachengquanlun) dit à propos de la force :

« Tout ce que j’ai appris en une quarantaine d’années de pratique tend vers l’idée que les différentes formes de force proviennent toutes de l’extension du « chaos primordial » (Hunyuan) couplé à la façon de nourrir le principe vital par la méthode de l’oublie de soi, et ne peuvent être obtenues qu’ainsi. »

Si, lors de la pratique des différentes postures de Zhanzhuang, on n’atteint pas la quiétude (jing) par la concentration de l’esprit (méditation), si l’on n’arrive pas au stade de « l’oublie de soi », est il vraiment possible de se libérer de ses réflexes conditionnés ?
C’est la raison pour laquelle certaines personnes ne parviennent pas à développer la moindre force par leur entraînement. La clé est de concentrer son esprit et fixer son intention, c’est l’étape la plus importante dans la base de l’entraînement… »

« …Il faut s’entraîner en fixant son regard au loin, sur l’horizon, jusqu’au moment ou l’on arrive à « regarder sans voir ». A ce moment on comprendra que plus aucune méthode n’est nécessaire, qu’il suffit de concentrer son esprit. »





Mi jingke, en méditation assise


Mi jingke, dans un autre article, parle de l’influence du Bouddhisme Chan dans le Dachengquan. Elle y évoque, alors, la « contemplation avec le corps uni » (zhengti guan) qui doit être pratiquée jusqu’au stade de l’oublie de soi…

lundi 3 mars 2008

Yanshengzhuang, l'arbre pour le bien être

Wang xiangzhai :

« Au moment de l’entraînement, d’abord chasser tous ses soucis puis chercher un endroit convenable. Calmer l’esprit et arrêter toutes pensées, se tenir debout calmement, le corps droit, les deux pieds séparés de la largeur des épaules, toutes articulations légèrement fléchies. L’intérieur est éveillé mais l’extérieur est vide. Lever très lentement les deux bras sans dépasser les sourcils mais sans être plus bas que le nombril. Les bras décrivent un demi-cercle et les aisselles sont libres. Les deux bras se retrouvant dans une attitude de tirer à soi sans être trop près du corps et, à la fois, poussent vers l’extérieur sans dépasser une once d’excès.
Les bras vont, ensuite, rester dans cette sphère de force et changent sans arrêt le mouvement, alternant entre tirer et pousser.
Ne pas être tatillon sur la posture, à savoir si elle est bonne ou non, simple ou compliquée. Vérifier constamment que l’on ressent la force à l’intérieur et à l’extérieur du corps. Surveiller que la posture ne devienne quand même pas banale, mais sans qu’elle n’ait un caractère extraordinaire. Faire attention à ce que la tête soit comme suspendue à un fil, à ce que tout le corps soit plongé dans une boue épaisse dont l’effet serait de mêler les forces de tension et de relaxation. Regarder attentivement droit devant soi. Au fur et à mesure des jours et des mois qui défilent, le niveau progresse. »


Mi jingke, disciple de Wang xiangzhai, à l'age de 95 ans.



La relaxation

Pour obtenir de véritable résultats dans la pratique du zhanzhuang, et cela est également valable pour l’art martial, un relâchement correcte du corps est nécessaire.
C’est une des grandes conditions pour une amélioration de l’état du pratiquant, lorsque l’aspect santé est recherché.
Wang Xiangzhai nous en livre les grandes lignes :


« Le travail de la relaxation dans le Zhanzhuang peut être fait selon diverses méthodes.
En voici quelques unes :

- Sourire sans vraiment sourire, uriner sans vraiment uriner.
Cette méthode permet de relâcher, de détendre tout le corps.

- Relâcher mentalement depuis le sommet de la tête jusqu’en bas du corps.
Tête, nuque, épaules, bras, poignets, mains, dos puis ventre, hanches, jambes et pieds.
Tout cela doit être fait en un enchaînement continu.
Pour éviter les disharmonies dans le relâchement, il est nécessaire de débuter par une méthode détaillée et précise. Après l’avoir pratiqué suffisamment longtemps, il sera possible d’utiliser avec efficacité les méthodes décrites précédemment.





Zhang changxin, disciple de Wang xiangzhai, dans la posture "envelopper-porter" (chengbao zhuang)




Méthode détaillée de relaxation :

Commencer par la partie arrière de la tête et la nuque puis les épaules, l’arrière des bras, les mains (s’il est trop difficile de porter son attention sur les deux bras à la fois, on s’efforcera de les relâcher l’un après l’autre). Passer ensuite au dos en commençant par les omoplates puis la partie lombaire, les hanches, l’arrière des cuisses, les mollets, les plantes de pieds.
Refaire cet enchaînement trois à cinq fois puis passer à la suite.
Partir de la tête (sommet), les yeux, les pommettes, la bouche, le cou, les épaules et recommencer plusieurs fois cet enchaînement en s’arrêtant aux épaules. Continuer avec les épaules, le devant des bras, les poignets, les mains, la poitrine, le ventre, le devant des deux jambes, le dessus des deux pieds, les plantes des pieds.
Recommencer trois à cinq fois, puis vérifier à nouveau certaines parties du corps en fonction de vos sensations (haut-bas ou bien droite-gauche).
Ce genre d’exercice de relaxation peut être considéré comme la base des exercices du Yi lors du zhanzhuang.
Pour toutes les personnes pratiquants le zhanzhuang et quel que soit le trouble de santé s’il y en a un, il est nécessaire de commencer par étudier la relaxation correcte.
C’est seulement après que l’on pourra étudier toutes les autres intentions. »


Les intentions

Il existe de nombreuse intentions différentes et applicables à la pratique du yanshengzhuang, le principes de base étant de rechercher le bien être et la relaxation.

En voici quelques unes des plus courantes:

- Ecouter au loin : Commencez par écouter ce qui se trouve tout près. Puis écoutez de plus en plus loin au fur et à mesure de l’entraînement, jusqu’à ce que vous arriviez à écouter des sons subtils venants de très loin. Il faut écouter avec attention sans pour autant se fixer sur un son en particulier.

- La cascade : Imaginez que vous êtes sous une cascade d’eau dont la température est agréable. Sentez l’eau qui s’écoule de votre tête à vos pieds. Vous pouvez également écouter attentivement le bruit imaginaire de l’eau qui coule à vos pieds.

- Le bas du corps immergé : Imaginez que la partie inférieure de votre corps se trouve immergée dans de l’eau à température agréable. Concentrez vous sur vos sensations.

- Les racines qui poussent : Imaginez que vous êtes un pin centenaire, que vos deux pieds s’enfoncent dans le sol comme des racines profondes. Aucune tempête ne vous déracinera.


Mise en pratique du yanshengzhuang

Selon Wang xiangzhai :
« Il y a trois étapes dans la pratique du zhanzhuang pour la santé :

Première étape
On commence par la pratique des postures les plus simples (postures avec bras en position basse). Il est important de bien se concentrer sur la relaxation. Faire attention à être « décontracté mais pas mou, ferme mais pas tendu. ».
Le travail du Yi est essentiellement axé sur la relaxation, par exemple : la cascade d’eau chaude. On peut s’entraîner jusqu’à trente minutes mais il ne faut pas forcer.
Peut être qu’à ce niveau de pratique, des sensations comme des douleurs aux épaules et aux genoux ou bien certaines courbatures peuvent survenir. Il faut, malgré cela, éviter de perdre confiance et persister à pratiquer. Certaines sensations agréables peuvent également survenir : des sensations de joie, d’avoir l’esprit posé ou bien une augmentation de l’appétit…
Cette étape dure à peu près trois mois.

Deuxième étape
Lorsque toutes les petites sensations désagréables ont disparu, lorsqu’il n’y a plus que des réactions positives, une sensation de force tranquille et agréable se manifeste. Après avoir pratiqué les exercices basiques du Yi, on peut commencer à lâcher prise et à ressentir les mouvements subtils qui se manifestent à l’intérieur de notre corps.
Les troubles de santé commence alors à s’améliorer. La confiance en soi se développe, provoquant des changements positifs sur l’esprit. A ce moment, des postures plus complexes comme « supporter les nuages » ou « séparer les eaux » peuvent être abordées.
On peut alors pratiquer deux, trois postures pendant une séance et varier avec trois postures supplémentaires.
Cette étape dure environ six mois.

Troisième étape
C’est l’étape ou l’on oriente sa pratique en fonction de ses trouble de santé.
Les postures sont à pratiquer ainsi :
- Maladies neurologiques : posture dite « porter-soulever », ainsi que les postures en position couché.
- Hypertension artérielle : « porter-soulever », « tenir un arbre », « appuyer en position assise ».
- Maladies cardiaques : « s’appuyer contre un arbre », « les mains qui flottent sur l’eau ».
- Maladies hépatiques : « tenir son ventre », « le chaos primordial ».
- Maladies pulmonaires : « porter-soulever », « soutenir les nuages ».
- Maladies rénales : « tenir son ventre », « soutenir, bras en cercle », « séparer les eaux ».
- Maladies digestives : « tenir son ventre », « appuyer en position assise ».
- Hémiplégie : « appuyer en position assise », « les mains qui flottent sur l’eau », « porter-soulever ».
- Rhumatismes articulaires : « Les mains qui flottent sur l’eau », « séparer les eaux ».



Han xingyuan, disciple de Wang xiangzhai, dans diverses postures de zhanzhuang.